Les caisses d'épargne espagnoles se pressent pour respecter l'échéance du 30 septembre
La tempête sur les marchés de la zone euro complique la fin de course de la profonde restructuration du secteur financier espagnol entamée il y a près de deux ans. La demi-douzaine de groupes de caisses d'épargne encore en difficulté a jusqu’au 30 septembre pour se recapitaliser sous peine de devoir faire appel aux fonds publics du Frob (fonds d’aide au secteur financier). Ce délai pourra être prolongé jusqu’en mars 2012 pour celles ayant opté pour une IPO si le régulateur juge le projet suffisamment avancé. Les cajas cherchant à ouvrir leur capital à des investisseurs privés sans entrer en Bourse pourraient elles aussi bénéficier d’une rallonge, jusqu’au 31 décembre 2011.
«Compte tenu de la situation sur les marchés, il se peut que certaines le demandent et que nous l’accordions à condition qu’il existe un plan réel et qu’elles démontrent avoir vraiment besoin de temps», indique-t-on au siège de la Banque d’Espagne (BDE). Les ratios minimum de solvabilité ont été relevés en février à 8% pour les cajas ouvrant leur capital aux investisseurs privés et 10% pour les autres.
L’hostilité des marchés a en tout cas permis à Unicaja de négocier à la hausse le contrôle (70%) de la banque qui naîtra de son union avec Caja Duero-España. Leurs conseils d’administration respectifs devaient approuver hier soir la fusion qui donnera naissance à la troisième plus grande banque née d’un groupe de caisses, avec 81 milliards d’euros d’actifs. Caja Duero-España n’avait pas trouvé d’investisseurs privés susceptibles d’apporter les 463 millions d’euros nécessaires à sa recapitalisation.
Découragées par l’hostilité des marchés, Liberbank et Banco Mare Nostrum songeraient plus à attirer des investisseurs privés qu'à lancer une IPO, selon Cinco Días.
Saisie par la BDE en juillet, la CAM a présenté des résultats semestriels désastreux lundi soir. Son taux d’encours douteux a explosé jusqu'à 19% des actifs contre 9% en décembre 2010 et ses pertes s'élèvent à 1,14 milliard d’euros. De quoi refroidir les ardeurs des prétendants potentiels. «Un rachat devrait dépendre de ce que la BDE ou le Frob offrent en garanties pour pertes sur prêts», soulignent les analystes de RBS qui penchent toutefois plutôt pour la séparation des actifs entre bonne et mauvaise banque. Les banques d’investissement mandatées pour estimer la valeur de la CAM devraient avoir conclu leurs travaux fin octobre.
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