Les caisses d'épargne espagnoles doivent renoncer à la guerre des dépôts
Après avoir appelé en vain à la modération, la Banque d’Espagne (BDE) a finalement explicitement interdit aux établissements bancaires ayant dû être recapitalisés par l’Etat de lancer des «politiques commerciales agressives».
Dans une note adressée le 30 décembre dernier aux représentants des banques et caisses, le régulateur annonce que les établissements ayant reçu une aide du Fonds de restructuration organisée du secteur bancaire (Frob) ne pourront plus offrir qu’un taux d’intérêt «équivalent à la moyenne des taux les plus élevés qu’offrent les cinq principaux concurrents, sur des produits comparables, dans leur zone géographique.» Ces établissements repères ne devront pas avoir reçu d’aide du Frob. Si les caisses veulent sortir des limites établies par le régulateur, elles devront en informer le Frob qui pourra à son tour consulter la Commission européenne.
En octobre dernier, Caixa Catalunya avait provoqué un tollé en lançant un dépôt à un an à 4,75% alors même que la fusion qu’elle mène avec deux autres caisses d'épargne catalanes a réclamé 1,2 milliard d’euros au Frob, lancé à l'été 2009 par le gouvernement pour accompagner la vague de fusions entre les caisses d'épargne. Au nombre de 45 encore début 2010, elles sont en train de devenir une quinzaine de groupes à qui le Fonds a déjà promis près de 12 milliards d’euros, dont 10,6 milliards engagés.
Déclarée au printemps dernier par la plus grande banque d’Espagne, Banco Santander, cette «guerre des dépôts» se livre alors que les banques espagnoles peinent à capter des liquidités sur les marchés internationaux et que les caisses ne pouvaient pas, jusqu'à peu, émettre du capital. Les résultats du secteur, publiés en octobre, montraient des marges nettes d’intérêts mises à mal sur un marché domestique où la plupart des prêts immobiliers sont à taux variables et où la production de crédit stagne. En fin d’année, le taux d’intérêt moyen offert par les banques aux particuliers pour les dépôts de un ou deux ans se situait à 3,15% face à un Euribor fixé alors à 1,5%.
La décision de la BDE devrait abaisser la fièvre sur le secteur mais aussi laisser le champ libre aux banques qui, elles, n’ont pas fait appel au Frob. La «guerre» n’a pour l’instant pas empêché la fuite des dépôts. Selon les chiffres publiés hier par la Banque d’Espagne, leur volume a diminué de 3,3 milliards d’euros en novembre dernier.
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