Les BFI européennes luttent contre l’érosion de leur rentabilité
L’écart de rentabilité entre banques de financement et d’investissement américaines et européennes ne cesse de se creuser.
Publié le
Franck Joselin
Siège de Deutsche Bank à Francfort.
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Photo Deutsche Bank.
C’est le rêve américain. Les banques de financement et d’investissement (BFI) outre-Atlantique affichent des taux de rendement des capitaux propres (RoE, return on equity) plus de deux fois supérieurs à celui des européennes. Dans son étude «Leviers de croissance du secteur BFI», le cabinet de conseil Sia Partners constate que les principales BFI américaines (JPMorgan, Goldman Sachs, BoA, City), présentent un RoE moyen de 18,6% en 2019, contre 8,1% pour leurs homologues européennes (Deutsche Bank, BNP Paribas, Société Générale, Barclays et HSBC). Certes, les banques américaines ont bénéficié d’un environnement réglementaire particulièrement favorable sous l’administration Trump, d’un marché beaucoup plus profond qu’en Europe, et répondent à des normes comptables différentes. Mais l’écart de rentabilité entre les deux continents n’est pas une fatalité et pourrait diminuer.
Pour Sia Partners, le retour de la rentabilité en Europe passe déjà par une refonte en profondeur de la relation client. «Alors que la numérisation du parcours client était un avantage, elle semble aujourd’hui un coût nécessaire à la pérennisation des relations clients et au soutien des leviers de croissance», indique l’étude.
Ensuite, les banques peuvent se recentrer sur leurs points forts, en abandonnant certaines activités sous-dimensionnées ou subsidiaires par rapport à leurs véritables domaines d’expertise. «Le modèle de BFI universelle pourrait laisser la place à une BFI spécialisée proposant une plate-forme d’open banking à ses clients, avec des produits issus de fournisseurs externes», explique François Berteloot, senior manager services financiers chez Sia Partners.
Enfin, les banques européennes pourraient accélérer leur développement sur certains segments de marchés, sur lesquels elles ont encore un avantage par rapport aux grandes structures américaines. Cela peut être le cas, par exemple, pour le financement de la transition énergétique, la titrisation des encours de PME, ou encore l’accompagnement des plans de relance européens. «Au deuxième trimestre 2020, les prêts et leasings aux TPE et PME ne représentaient que 9% du total des encours titrisés en Europe, ce qui constitue une opportunité de développement considérable. Bien que les banques américaines disposent d’une expertise approfondie de cette technique grâce à un volume dix fois plus important que celui européen, les BFI européennes sont bien mieux positionnées pour profiter de cette opportunité», illustre Sia Partners.
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