Les bénéfices de Santander diminuent de moitié en raison de ses efforts d’assainissement

Les lourdes provisions sur l’immobilier imposées par la Banque d’Espagne, mais aussi la montée des risques au Brésil, ont pesé sur les comptes
Isabelle Birambaux, à Madrid

Banco Santander, numéro un en zone euro en capitalisation boursière, a annoncé une chute de 51% de son bénéfice net à 1,704 milliards d’euros au premier semestre 2012.

La banque espagnole explique cette forte chute en raison des importantes provisions que le groupe d’Emilio Botin a dû réaliser pour couvrir les risques liés à l’immobilier. Sans les pressions du gouvernement espagnol, qui a obligé les banques espagnoles à constituer en 2012 plus de 80 milliards d’euros en provisions pour couvrir leur exposition au secteur immobilier, le bénéfice net au premier semestre aurait atteint 12,5 milliards, en hausse de 6% par rapport à l’exercice précédent, affirme le groupe dans un communiqué.

Emilio Botin, le président, a assuré que l’effort réalisé pour provisionner «nous permettra de laisser derrière nous l’assainissement du secteur immobilier en Espagne cette année». Santander a ainsi «couvert plus de 70% de la nouvelle norme sur le risque immobilier en Espagne», souligne le communiqué.

Pour assainir son bilan, Banco Santander a constitué des provisions de 6,54 milliards d’euros pour couvrir les risques d’insolvabilité et de 1,9 milliard d’euros pour le risque immobilier, des efforts valorisés positivement par les analystes. Autre point positif: son niveau de fonds propres de 10,10% contre 9,20% l’an dernier.

Cependant, le taux de créances douteuses, tant en Espagne qu’au Brésil, qui représente 26% de ses bénéfices, pèse sur les résultats de la banque. Dans la péninsule, ce taux est passé de 3,98% à 4,11%, tout en restant inférieur à la moyenne espagnole de 5,98%. Nagore Diez, analyste chez Norbolsa, souligne que l’augmentation des encours douteux au Brésil «a surpris négativement», estimant que les mesures envisagées par le gouvernement brésilien dans le secteur bancaire pourraient «relâcher la pression au second semestre».

C’est en effet grâce à l’expansion du groupe en Amérique latine, où Santander réalise 50% de son bénéfice, qu’Emilio Botin tire son épingle du jeu. «Les dépôts continuent d’y croître à un rythme de 13%», souligne Nuria Alvarez de Renta 4. Chez Ahorro Corporación, les analystes pensent cependant que «malgré les efforts d’assainissement et l’équilibre entre les aspects négatifs et positifs», ces résultats ne serviront pas de catalyseur pour les titres de Santander.

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