Les banques usent sans abuser des frais de tenue de compte
Le sujet des frais de tenue de compte est pris à bras-le-corps par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), mais cet organe de Place reste prudent dans ses recommandations. Intégré dans l’extrait standard de tarifs bancaires depuis 2014, ce service a fait l’objet d’un rapport spécifique, publié vendredi en même temps que celui de l’Observatoire des tarifs bancaires. L’année a été marquée par la «quasi-généralisation des frais de tenue de compte, tous les principaux groupes bancaires de la place facturant désormais, à de rares exceptions près, la tenue de compte», souligne le rapport.
Le tarif moyen annuel a atteint 15,24 euros en janvier 2016, contre 9,18 euros un an plus tôt. Les prix s’étalent de 0 à 146 euros par an, et 18 banques sur 120 pratiquant encore la gratuité à cette date (contre 53 début 2011). Hors cas de gratuité, le tarif moyen pondéré a grimpé de 13,97 euros à 18,03 euros en un an. Outre-mer, les frais de tenue de compte ont baissé cette année, mais restent supérieurs à ceux de la métropole.
Après une première vague au début des années 2010, et une montée en régime cette année, «on peut s’attendre à une nouvelle hausse de la moyenne au 5 janvier 2017 avec les annonces faites courant 2016 […], prévient le CCSF. Ainsi depuis le 5 janvier 2016, la Société Générale et LCL ont annoncé la mise en place d’une tarification et la Banque Postale a annoncé une forte augmentation de son tarif qui double presque».
Pour autant, le comité ne tire pas la sonnette d’alarme. Compte tenu des nombreuses exonérations, «il semblerait que de 20 à 30% seulement des consommateurs aient à régler des frais de tenue de compte tous réseaux confondus», estime cet organe qui réunit à la fois les représentants des banques et des associations de consommateurs. La généralisation de cette ligne tarifaire est «une évolution structurelle» en Europe, liée à la baisse de rentabilité des banques. La baisse des taux et donc des revenus d’intérêt incite à percevoir davantage de commissions.
Le CCSF propose de réfléchir à une «définition» plus claire de la tenue de compte, de «mieux informer» les consommateurs, d’«améliorer la transparence» et de «favoriser la concurrence» (en citant des dispositifs actuels tels que le comparateur public des tarifs bancaires). Bercy a demandé vendredi «la mise en œuvre de ces propositions» d’ici à fin janvier 2017.
Plus d'articles du même thème
-
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose. -
Nickel lance un compte pour les pros
La banque a vu son développement s’accélérer légèrement sur le marché français, avec l’ouverture de 210.000 comptes au premier trimestre 2026, contre un rythme mensuel à 60.000 précédemment. -
Pour prendre la main sur Delfin, un héritier Del Vecchio envisage de se passer des banques
Leonardo Maria Del Vecchio souhaite racheter les parts de deux de ses frères et sœurs pour monter à 37,5% de la holding familiale italienne actionnaire d’EssilorLuxottica et de Generali. Il se serait rapproché d’Apollo alors que BNP Paribas prendrait ses distances sur le projet.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter