Les banques sont confrontées à la question des provisions sur la Grèce
En marge du sommet européen sur la Grèce, le sujet agite depuis plusieurs jours les milieux financiers. Les banques européennes doivent-elles provisionner les emprunts d’Etat grecs logés dans leur portefeuille bancaire (banking book) pour l’arrêté des comptes du 30 juin? La question risque d’être publiquement posée dès la semaine prochaine, quand les grands noms du secteur commenceront à publier leurs résultats semestriels.
Même si la Grèce n’a pour l’heure fait défaut sur aucun paiement, les banques doivent évaluer sous les normes IAS 39 leur capacité à recouvrer 100% des montants prêtés. «Dès lors qu’il existe un risque de non recouvrement de la créance, les titres logés en banking book doivent être dépréciés, non pas à la valeur de marché, mais sur la base de scénarios de probabilité de pertes et de récupération de la créance», expliquait dans L’Agefi Quotidien du 18 juillet Jean-Louis Mullenbach, associé du cabinet d’expertise comptable Bellot Mullenbach.
Un défaut sélectif de la Grèce pourrait être synonyme de pertes. L’une des options présentées par l’IIF, le lobby international des banques, prévoit l’échange des obligations grecques arrivant à échéance d’ici à 2019 contre de nouveaux emprunts à 30 ans, avec un taux d’acceptation de 90%. Ce qui équivaudrait à une dépréciation d’environ 20% de la valeur de la dette grecque portée par les banques, selon des sources de l’Union européenne citée par Reuters.
Les commissaires aux comptes, chargés de certifier les comptes, s’inquiètent pour leur part d’une mise en cause de leur signature. La Fédération européenne des experts comptables a publié le 20 juillet un long communiqué, faisant la liste de tous les éléments d’information en matière de dette souveraine dont les auditeurs devront tenir compte au 30 juin, et insistant sur la qualité du dialogue avec les banques et les autorités de tutelle.
La transparence des éléments fournis lors des tests de résistance européens permet de calculer l’impact des provisions éventuelles. Chez les banques françaises, par exemple, BNP Paribas portait 4,5 milliards d’euros de dette souveraine grecque en banking book à fin 2010. En faisant l’hypothèse d’un recouvrement à 80% de la créance, ce seraient plus de 900 millions d’euros que la banque aurait alors à provisionner.
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