Les banques s’inquiètent de la réduction des commissions d’interchange
Suppression de l’interchange, simple diminution, alignement sur les niveaux les plus bas… La Commission européenne doit rendre public un projet de règlement sur les commissions multilatérales d’interchange le 24 juillet prochain, suscitant une grande agitation dans le milieu bancaire.
Les banques françaises notamment, mais aussi MasterCard, redoutent les conséquences économiques d’une remise en cause de ce modèle. Selon MasterCard, la suppression de l’interchange en France provoquerait un manque à gagner de 1,2 milliard d’euros pour les banques. Ce qui serait probablement compensé par une hausse des cotisations cartes et par un moindre investissement des banques dans l’infrastructure de sécurité et dans l’innovation.
Ce serait aussi la fin de l’interbancarité à la française qui permet de payer partout avec une carte bancaire et un terminal de paiement, pour un prix parmi les plus bas d’Europe (0,37%). Reprenant les exemples australien et espagnol, où le niveau de l’interchange a été drastiquement réduit pendant plusieurs années, les défenseurs du modèle mettent en avant les conséquences néfastes pour les consommateurs.
En Australie, les cotisations sur les cartes ont augmenté de 22% en moyenne et les récompenses liées à l’usage des cartes ont été réduites d’autant. Les marchands n’ont pas répercuté le gain sur leurs tarifs. Et l’arrivée des innovations sur le marché australien, le passage à la carte à puce en particulier, a été différée de cinq ans. En Espagne, les commerçants ont pu dégager une économie de 2,7 milliards d’euros sur cinq ans, tandis que les usagers ont subi une hausse de 50% de leurs frais annuels sur la carte bancaire, soit 2,35 milliards d’euros. La volonté de la Commission européenne de casser toute entente éventuelle entre les banques, puisque les commissions multilatérales d’interchange sont négociées entre tous les acteurs, se heurte à la réalité concrète : réduire ces commissions revient à faire faire des économies aux marchands, pas aux consommateurs.
En outre, les banques et MasterCard soulignent le fait que la Commission européenne ne s’intéresse pas aux modèles «trois coins» comme American Express ou Paypal, qui pratiquent pourtant des tarifs nettement plus élevés.
Parallèlement, l’Autorité de la concurrence française devrait rendre durant l’été sa décision concernant le niveau des commissions interbancaires que Visa et Mastercard se sont engagés à réduire en mai dernier.
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