Les banques régionales allemandes ne veulent pas entendre parler de restructuration
La défaite de la CDU, le parti d’Angela Merkel, dans son fief du Bade-Wurtemberg lors du scrutin de dimanche dernier, est aussi une mauvaise nouvelle pour le projet de consolidation des banques régionales allemandes. Déjà reléguée au second plan par les autorités sortantes de cette région autonome du sud-ouest de l’Allemagne, la fusion projetée de la banque LBBW, le numéro un outre-Rhin des Landesbanken, avec sa consœur de Bavière est aujourd’hui au point mort. Il en va de même des autres projets de rapprochement, comme celui de WestLB avec la banque de Hesse, Helaba, tant de fois annoncé mais jamais réalisé. Même le ministre des Finances du gouvernement fédéral, Wolfgang Schäuble, a baissé les bras devant la résistance acharnée des syndicats et des responsables politiques des régions concernées. «En période électorale il est devenu impossible d’annoncer la fermeture ou la vente d’un établissement comptant des milliers de salariés», estime Dieter Hein, directeur du cabinet de recherche Fairesearch.
Pourtant, les Landesbanken sont loin d’avoir surmonté la crise. En 2010, seuls deux des huit établissements subsistants ont dégagé un bénéfice. Tous les autres, à commencer par le numéro un LBBW, la banque du Bade-Wurtemberg, demeurent dans le rouge. Estimant que l’état de la finance allemande est indigne du rang qu’occupe l’Allemagne dans l'économie mondiale, un groupe composé de scientifiques et d’anciens présidents de banques régionales vient de lancer un appel à la chancelière Angela Merkel. «Nous savons bien que la restructuration des Landesbanken appartient en premier lieu aux autorités régionales qui en sont les principaux actionnaires, mais vu leur incapacité manifeste à trouver une issue à la crise, il appartient au gouvernement fédéral de reprendre les choses en main», écrivent-ils dans leur rapport.
Le groupe, dirigé par le professeur Jan Pieter Krahnen de l’Université de Francfort, propose de fusionner les huit banques publiques en une sorte d’établissement central au service des caisses d’épargne, suivant le modèle des banques populaires qui disposent avec DZ Bank d’un institut d’envergure nationale. Une proposition immédiatement rejetée par le président de la fédération des caisses d’épargne, Heinrich Haasis. Et par les autorités régionales qui ont fait savoir qu’une consolidation des Landesbanken ne figure pas à l’ordre du jour actuellement...
Plus d'articles du même thème
-
Le secteur privé en zone euro peut encore éviter la panne
Les nouvelles difficultés liées à la guerre ont fortement assombri les perspectives économiques, selon les enquêtes sur le climat des affaires. Cependant, l’industrie amortit le choc constaté sur la demande intérieure, et cela pourrait durer encore un peu. -
La finance française s'organise pour peser sur le débat présidentiel autour de la retraite par capitalisation
Chercheurs, investisseurs institutionnels, gérants et acteurs de l'épargne salariale se sont réunis le 22 avril 2026 lors d'un colloque organisé par la chaire Transitions Démographiques Transitions Economiques pour présenter un front commun en faveur d'une dose de capitalisation dans le système de retraites français, à un an de l'élection présidentielle. -
Les devises ne succombent pas encore à l’euphorie des marchés
Un certain nombre de devises se sont reprises depuis l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis, l’Israël et l’Iran le 8 avril, mais très peu sont vraiment revenues à leur niveau d’avant-guerre.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
- CNP Assurances se lance dans l’assurance vie 100% en ligne
- Le rachat de SFR servira de test à la future doctrine antitrust en Europe
Contenu de nos partenaires
-
VerrouLe RN à l’assaut du front syndical
Après avoir courtisé les patrons, le Rassemblement national tente de forcer la porte des syndicats. Mais le rééquilibrage se heurte à une défiance tenace -
En Allemagne, l'AfD plébiscitée par les ouvriers, tenue à distance par les syndicats
La formation d'extrême droite sait exploiter les craintes pour l'emploi suscitées par les mutations de l'industrie -
PépiteIndustrie pharmaceutique : l’OPA à 2,5 milliards de dollars de Servier sur une biotech américaine
Le deuxième groupe pharmaceutique français a annoncé jeudi avoir finalisé l’acquisition de Day One Biopharmaceuticals, spécialisé dans l'oncologie