Les banques réclament du temps pour juger de l’effet Bâle 3 sur la liquidité
Les banques européennes sont dans l’expectative face aux exigences de liquidités formulées par le Comité de Bâle. S’il est de notoriété publique que les ratios de liquidité, publiés en décembre dernier, font l’unanimité contre eux, le secteur attend avec une certaine angoisse leur transposition dans la directive européenne CRD4. Et les banques espèrent profiter de cette fenêtre de tir pour décaler d’un an la période d’observation du nouveau ratio à 30 jours.
Celle-ci court jusqu’à mi-2013. Insuffisant, selon les banques, qui réclament un an de plus. La collecte de données devait en effet débuter au 1er janvier 2011, un délai jugé trop court. «L’enjeu est de savoir si ce laps de temps sera mis à profit pour collecter les données nécessaires pour servir à affiner le mode de calcul du ratio, précise une source bancaire, ou s’il sera uniquement utilisé sur la base du ratio sous sa forme actuelle, le texte européen se contentant alors de reprendre la formule retenue par Bâle».
Si cette dernière option l’emportait, le secteur craint que le marché ne l’impose à court terme comme un nouveau standard vers lequel les banques devraient s’orienter. Les obligeant à une modification rapide de leur comportement – en coupant notamment tout concours n’ayant pas de dépôts en contrepartie (financements export, prêts aux collectivités, lignes de liquidité, etc.).
«Un tel résultat serait contreproductif et contraire au principe de période d’observation, estime cette source. Il est nécessaire de collecter d’autres données que celles qui sont applicables à la formule actuelle du ratio de liquidité.» Dans le cas de la France, les banques réclament par exemple la prise en compte des actifs mobilisables auprès de la Banque centrale. «Il n’y a pas plus liquide. En apportant ces ressources, les établissements récupèrent immédiatement du cash», indique un proche. Elles réclament également l’utilisation de modèles internes relatifs aux taux de fuite, fondés sur des données historiques.
Le décalage d’un an de la période d’observation ferait aujourd’hui consensus parmi les banques européennes. Les régulateurs et superviseurs nationaux sont partagés sur la nécessité de faire des aménagements limités ou, au contraire, importants sur le LCR (liquidity coverage ratio) – qui impose entre autres une part de 60% de titres d’Etat dans les actifs liquides et utilise des hypothèses extrêmes de taux de fuite de capitaux.
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