Les banques multiplient les témoignages de bonne volonté sur les bonus
Les banques multiplient les initiatives pour rendre encore plus transparentes et encadrées leurs politiques de bonus. La pression est double. D’un côté, les pourparlers se poursuivent au sein du Parlement européen pour instaurer dans le cadre de la directive CRD 4 transposant Bâle 3 en droit européen le principe d’un encadrement des rémunérations, concernant particulièrement le plafonnement de la part variable à 100% du salaire fixe. De l’autre, les actionnaires sont échaudés par des pratiques jugées dangereuses.
Les déclarations mardi de David Walker sont à ce titre symptomatiques. Celui qui prendra en novembre le fauteuil de président de Barclays, en remplacement d’un Marcus Aegius emporté par le scandale de manipulation du Libor, s’est employé devant une commission parlementaire à convaincre de sa volonté indéfectible à restaurer la crédibilité de la banque britannique. «Obtenir des retours sur investissement rapides et tenir tête à la concurrence ont pris le dessus sur la préoccupation un peu désuète de la probité», a-t-il déploré, assurant que cette culture devait évoluer et prônant notamment une communication détaillée sur les plus hautes rémunérations. Barclays et HSBC ont d’ailleurs d’ores et déjà imposé une limitation du variable à 2,5 et 3 fois respectivement le salaire fixe pour les membres exécutifs du conseil.
Ce changement culturel «impératif» est également mis en exergue par Deutsche Bank à l’occasion de la présentation de son plan stratégique lundi. Les dirigeants de la banque allemande ont soutenu que «les salariés doivent y contribuer» en privilégiant «une performance soutenable à long terme» plutôt qu’une prise de risque élevée à court terme. Surtout, la banque envisage de différer sur cinq ans les bonus alloués en actions à ses 150 principaux dirigeants, au lieu de trois ans aujourd’hui. Le versement du variable différé sera fait en fin de période, les paiements intermédiaires étant supprimés. La banque confiera aussi à un cabinet externe le soin d'évaluer sa politique de rémunération.
Le report à 5 ans des bonus différés pourrait également tenter UBS, selon le Financial Times. Le quotidien indique que le président de la banque helvétique, Axel Weber, parcourt l’Europe et les Etats-Unis pour recueillir le sentiment des investisseurs sur ses pratiques de rémunération, avec l’objectif d’en présenter une nouvelle mouture à temps pour la prochaine assemblée générale.
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