Les banques japonaises menacées par la fonte de leurs portefeuilles actions
Au-delà des conséquences encore difficilement mesurables que le séisme et le tsunami auront sur l’économie japonaise, un danger plus immédiat guette les banques locales: celui de pertes sur leurs portefeuilles actions. Un mal qui les a affligées durant toute la décennie 90, ou plus récemment en 2009.
Mardi matin – avant la séance de cette nuit –, l’indice Topix de la Bourse de Tokyo a clôturé sous les 767 points. Un niveau inférieur au prix de revient moyen des portefeuilles actions de Mizuho, Sumitomo Mitsui et Mitsubishi UFJ. A fin décembre, par exemple, avec un Topix à 899 points, les trois banques affichaient un total de plus-values latentes sur actions de 840 milliards de yens (7,43 milliards d’euros). «Nous estimons le point mort sur les portefeuilles actions à un niveau du Topix juste supérieur à 800 points pour Mizuho et MUFG, et juste inférieur pour SMFG», relèvent les analystes de CreditSights.
Si l’indice tombait jusqu’à 700 points, les moins-values latentes de Mizuho atteindraient 200 milliards de yens nets d’impôt, calcule le bureau de recherche, soit 5% de son capital tier one. «La volatilité du marché actions rappelle les risques auxquels les banques japonaises font toujours face et complique leurs efforts pour constituer du capital afin de respecter Bâle 3», souligne CreditSights.
La reconnaissance d’éventuelles pertes dans les comptes au 31 mars dépendra aussi de la méthode de valorisation des portefeuilles en fin de trimestre. Tant Mizuho que MUFG se basent sur les cours moyens durant le dernier mois. MUFG, pour sa part, utilise les cours de clôture du dernier jour du mois. Des différences qui auront leur importance, l’effondrement du marché boursier étant intervenu en plein milieu du mois de mars.
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