Les banques italiennes soignent leur solvabilité en se désengageant de SIA
Bien placé, en tandem avec le Qatar, pour mettre la main sur une participation minoritaire au capital de la maison de couture Versace, le FSI italien (Fondo Strategico Italiano) vient de concrétiser une autre opportunité d’investissement. Le fonds a décidé d’acquérir 42,3% du capital de SIA, le spécialiste national des services de paiement, aux côtés de deux fonds de private equity : F2i et Orrizonte, qui prennent des participations respectives de 10,3% et 6,7%. Au total, c’est donc un bloc de 59,3% qui change de main.
Acteur diversifié dans le domaine des services et des infrastructures de paiement (réseaux télécoms, solutions de back-office…), SIA réalise plus de 9 milliards de transactions par an et gère plus de 63 millions de cartes au travers de six filiales. Rouage important de l’écosystème bancaire transalpin, il était majoritairement détenu jusqu’à présent par des institutions financières de premier plan qui ont choisi de se désengager. Intesa arrive en tête (avec un bloc cédé de 28,9%), suivie par UniCredit (20,1%), Banca Monte Paschi di Siena (5,8%) et BNL (4,5%), filiale italienne de BNP Paribas.
L’opération leur permet de soigner leur profil de solvabilité dans la perspective de la prochaine vague de tests de résistance bancaires. UniCredit engrangera une plus-value de cession de 150 millions d’euros au premier semestre 2014, ce qui se traduira par un impact positif de 6 à 9 points de base (pb) sur son ratio de fonds propres durs aux normes de Bâle 3 (CET1). Intesa, de son côté, récoltera 140 millions d’euros net pour un impact positif de 3 pb sur son ratio CET1. Les deux mastodontes italiens conserveront chacun une participation de 4%. Quant à MPS, la plus faible des trois premières banques italiennes, la cession de la totalité de sa participation lui rapportera 37 millions d’euros.
La transaction a été conclue sur la base d’une valorisation de 765 millions d’euros pour la totalité du capital de SIA. Le FSI consacre ainsi 281 millions d’euros à cet investissement, comprenant un prêt de 77 millions d’euros. Dans un communiqué, le fonds fait part de son intention de poursuivre la croissance de SIA au travers d’un rapprochement avec des concurrents domestiques ou internationaux. Il se réserve également l’option d’introduire la société en Bourse.
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