Les banques françaises sont attendues sur leur solvabilité

Le marché reste en manque de visibilité sur les effets de Bâle 3. Les réseaux pourraient voir leur contribution reculer
Antoine Landrot

La Société Générale ouvre le bal demain, BNP Paribas suivra jeudi. Le consensus Reuters anticipe des résultats nets respectifs de 793 millions (un quasi-doublement) et 1,74 milliard (+34%). «Les pôles de financement et d’investissement français jouissent d’une capacité de rebond supérieure, en raison de l’activité de prêt, qui se révèle être un contributeur stable, écrit ainsi Guillaume Tiberghien, analyste chez Credit Suisse. Toutefois, les attentes des investisseurs relatives aux activités sur les marchés de capitaux sont importantes.»

Sur ce point, le maintien de taux d’intérêt bas est défavorable au trading sur les taux. «BNP Paribas devrait afficher des performances mitigées: un gain de part de marché d’un trimestre à l’autre, mais de faibles revenus dans les dérivés en raison du contexte», explique dans une note Jean-Pierre Lambert, analyste chez KBW. De son côté, Guillaume Tiberghien anticipe pour les établissements français une diminution de revenus de 25% à 40% dans le fixed income sur douze mois.

En revanche, «le trading actions pourrait fortement bénéficier de la baisse des coûts de couverture par rapport au trimestre précédent, notamment pour BNP Paribas et la Société Générale», estime un professionnel. La volatilité au deuxième trimestre avait fortement pesé sur cette activité, où les deux établissements occupent de fortes positions. A contrario, les revenus actions de Natixis et du Crédit Agricole pourraient être pénalisés.

En outre, les analystes s’attendent à une contribution plus faible des réseaux. Dans l’Hexagone, ils évoquent un effet de base défavorable, ainsi que la hausse du taux de rémunération du livret A en août, «qui augmente le coût de la ressource et, en conséquence, pèse sur les marges», explique l’un d’eux.

Mais «en définitive, le marché ne s’intéresse que marginalement à ces éléments. Il ne regarde que Bâle 3 et l’évolution des encours pondérés (RWA), alors que jusqu’à présent les banques françaises n’ont donné que très peu d’éléments sur l’effet des futures règles prudentielles», estime Sabrina Blanc à la Société Générale. Il risque fort de se produire un décalage dans les attentes, dans la mesure où les banques publient leurs comptes avant le G20 de Séoul. «La visibilité sur leur solvabilité devrait rester faible […]. Leurs RWA devraient progresser en moyenne de 14% sous l’effet de la réglementation», estime Guillaume Tiberghien.

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