Les banques françaises sont attendues sur le trading
Après les banques américaines, c’est au tour des banques françaises de présenter leurs résultats pour le dernier trimestre et l’année 2019. BNP Paribas ouvre le bal demain, la Société Générale et Natixis jeudi 6 février, et le Crédit Agricole la semaine prochaine. Pour certains analystes, les risques apparaissent limités sur les établissements hexagonaux. «Les revenus des activités de banque de détail et commerciale des banques françaises se sont stabilisés en 2019», déclare François-Xavier Deucher, responsable de la notation des banques françaises chez Fitch Ratings. Elles devront cependant démontrer qu’elles arrivent à faire aussi bien que leurs homologues américaines sur certaines activités, comme celles concernant les marchés de capitaux. Au quatrième trimestre, certaines d’entre elles, comme JPMorgan, ont réalisé des résultats de trading bien supérieurs aux attentes, notamment sur les taux.
Les analystes de Credit Suisse voient un «potentiel de hausse» dans ces métiers pour des banques françaises au quatrième trimestre. Ils anticipent, par exemple, que BNP Paribas réitérera les bonnes surprises du troisième trimestre sur ces métiers, avec de nouveaux gains de parts de marché. Toutes les structures ne sont cependant pas logées à la même enseigne. «Cette année, nous ne pensons pas que la Société Générale ou Natixis soient en mesure de réitérer leurs objectifs de retour sur fonds propres tangibles (RoTE) 2020», écrivent les analystes d’UBS.
Quoi qu’il en soit, l’environnement reste inchangé pour les banques françaises. Elles restent tributaires des taux extrêmement bas, avec les conséquences que cela implique pour leurs marges d’intérêts. S&P Global Ratings souligne dans une récente note que «les grandes banques françaises devraient maintenir un niveau bas de défaut de crédit dans les deux ans à venir», mais aussi que «la faiblesse des marges sur les crédits immobiliers dans le contexte européen actuel pourrait rapidement saper la profitabilité d’une grande partie du système bancaire».
Chez Fitch, François-Xavier Deucher tempère, en soulignant que «les marges d’intérêts restent sous pression, mais cela a été quelque peu compensé par la hausse des encours de crédit. Par ailleurs, les taux bas améliorent les conditions de financement des banques qui, de surcroît, disposent d’encore un peu de marge pour baisser leurs coûts».
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