Les banques françaises ont anticipé le resserrement de l’accès à la liquidité
La liquidité des banques françaises aura été un sujet majeur cet été sur les marchés européens. Signe que ces établissements comptent peu sur le marché interbancaire pour se financer, le Crédit Agricole, dernier à publier ses comptes trimestriels, place quotidiennement 15 milliards de dollars auprès de la Réserve fédérale, a précisé jeudi son DG délégué Michel Mathieu. Il dispose ainsi d’une réserve de trésorerie permanente.
Cela dit, les banques n’ont pas attendu pour s’adapter. «Le marché interbancaire s’est une fois de plus refermé. Mais les banques françaises détiennent des liquidités disponibles comprises entre 105 milliards, pour la Société Générale, et 150 milliards de dollars, pour BNP Paribas; ce sont des montants environ trois fois supérieurs à ceux qu’elles affichaient au moment de la faillite de Lehman Brothers. Elles ont de quoi faire face à une période de ‘sécheresse’ des marchés», estime Pierre Flabbée, responsable sectoriel chez Kepler Capital Markets.
En outre, elles ont fortement réduit leur dépendance à l’égard du marché monétaire américain pour leur refinancement à court terme. Ainsi, le Crédit Agricole s’est approvisionné auprès des fonds monétaires outre-Atlantique (les money market funds) pour 36 milliards de dollars, alors que ses réserves totales de liquidité atteignent 120 milliards d’euros (L’Agefi du 26 août). La Société Générale a également réduit ses levées auprès de ces fonds: elle disposait de 74 milliards de dollars de papiers court terme le 16 août, contre 104 milliards fin juin.
Cela dit, par leur structure, certaines banques sont mieux dotées que d’autres en terme de liquidité. Le Crédit Agricole, grâce à ses caisses régionales, à LCL et à son réseau en Italie, BNP Paribas, grâce à sa présence au Benelux et en Italie, voire BPCE, sont avantagés. «Sur ce registre, la Société Générale dépend davantage des marchés, étant donné que ses filiales en Europe centrale ne lui permettent pas de collecter autant de dépôts que certaines concurrentes», souligne Pierre Flabbée.
Par ailleurs, les banques françaises ont mené tambour battant leurs programmes de refinancement à long terme pour l’année. La palme de la précocité revient à BNP Paribas. A l’issue du premier semestre, le groupe avait déjà réalisé l’intégralité de son programme à moyen et long terme, soit 35 milliards d’euros. Des autres grandes banques françaises, BPCE avait atteint la proportion de 77% au 25 juillet, pour un objectif annuel de 25,3 milliards d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre