Les banques françaises doivent se concentrer sur leur modèle industriel
Confirmant ses travaux précédents sur le secteur bancaire français, Roland Berger pointe à nouveau le manque de relais de croissance, dans son étude « Performances et enjeux des banques françaises», soit BNP Paribas, le Crédit Agricole, BPCE, la Société Générale et le Crédit Mutuel-CIC.
Certes, les banques seront au rendez-vous de Bâle 3: seule la Société Générale, avec 8,6%, n’avait pas atteint, au 31 décembre 2012, le ratio minimal de 9% de fonds propres durs requis pour la fin 2013. Les banques ont également adapté leur bilan aux contraintes de liquidité: les réserves de liquidité représentent en moyenne 22,4% du bilan fin 2012, contre 15,8% fin 2011.
Mais «tant que l’objectif de 9% de fonds propres n’aura pas été définitivement sécurisé, les banques ne pourront se concentrer sur l’adaptation de leurs objectifs stratégiques», explique Fabrice Asvazadourian, co-directeur du pôle services financiers. Les banques tarderaient en effet à adapter leur modèle. Si le rendement des fonds propres (RoE) moyen des activités pérennes a progressé en 2012 (+1,4 point à 8,1%), le cabinet estime qu’il devra encore absorber entre 2 et 3 points de RoE en raison de la réglementation d’ici à 2015. Le secteur doit donc trouver entre 3 et 5 points de RoE d’ici là pour atteindre un niveau pérenne et réaliste évalué à 9-11%.
Les programmes de réduction des coûts, dont les effets sont lents à se produire, sont insuffisants, estime le cabinet, notamment en banque de détail en France – métier qui subit en outre l’effet de taxes et de limitations tarifaires.
L’international (banque de détail et services financiers spécialisés) ne prend pas le relais: «les banques françaises sont peu présentes dans les pays à forte croissance», explique Fabrice Asvazadourian. Certains marchés (Italie, Roumanie) subissent une flambée du coût du risque, annulant les progrès enregistrés ailleurs.
«Les ressources déployées produisent un résultat trois fois inférieur à celui de la banque de détail en France. Le modèle de création de valeur des réseaux internationaux, qui reposait sur les synergies financières, doit s’appuyer sur des synergies industrielles dans les pays où la taille critique est atteinte», estime l’étude. «Une fois que l’objectif de solvabilité des banques sera conforté, dans les deux ans qui viennent, on devrait observer un processus de consolidation», affirme Fabrice Asvazadourian.
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