Les banques européennes surestiment leurs objectifs de réduction de coûts
Souvent annoncés avec fracas, les objectifs de réduction de coûts dans le secteur bancaire sont-ils crédibles ? Une étude sur le futur de l’industrie bancaire européenne, conduite par Oliver Wyman, remet en cause la clairvoyance de certains acteurs dans ce domaine. Sur un échantillon de sept établissements, l’objectif moyen annoncé de réduction du coefficient d’exploitation s’établit à 10% sur les trois prochaines années (voir graphique).
Or, le plus grand recul du coefficient d’exploitation depuis 1998 sur un même laps de temps et pour un même échantillon atteint 7% (entre 2002 et 2005). Alors que durant cette période, la croissance des revenus a été nettement supérieure à celle des coûts, la tendance actuelle s’annonce moins positive. Si certains acteurs pourront atteindre leur cible, l’étude indique qu’une diminution de 3% à 5% du coefficient d’exploitation pour l’industrie en général semble plus crédible. Cette baisse se traduirait par une amélioration supplémentaire du RoE de 1% à 2%. Le «track record» des établissements en matière de compression des coûts ne plaide pas en leur faveur. Depuis 2006, la base de coûts moyenne des 20 premiers groupes européens a augmenté de 28% (à 3,5 milliards d’euros), en raison notamment des pressions réglementaires.
«Il y a chez certains acteurs une question de méthode : travailler sur l’efficience du modèle industriel demande des investissements, alors que couper les développements, notamment informatiques, est plus facile. Beaucoup de programmes ne sont pas construits pour réduire vraiment les coûts sur le long terme», souligne Bruno de Saint-Florent, responsable de la practice services financiers chez Oliver Wyman. La gouvernance opérationnelle du volet coûts revêt dans ce contexte une importance toute particulière.
{"title":"","image":"80214»,"legend":"R\u00e9duction de co\u00fbts : les banques europ\u00e9ennes p\u00eachent par optimisme»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Worldline donne des gages sur son redressement
Les chiffres d'activité du troisième trimestre 2026 et la confirmation des perspectives sont salués par le marché mercredi. Toutefois, un long chemin reste à parcourir pour redresser durablement les comptes. -
Le Texan Disruptive clôt l’un des plus grands fonds de venture de 2026
Fondé en 2012 par Alex Davis, descendant d’un célèbre magnat du pétrole, Disruptive boucle un véhicule de 10 milliards de dollars pour accompagner plus longtemps avant leur éventuelle cotation de futurs leaders de l’intelligence artificielle, des infrastructures numériques et de la défense. -
Tikehau cède Elvia Electronics au fonds Emergence Défense géré par Latour Capital
L’opération s’inscrit dans la stratégie du fonds Emergence Défense, géré par Latour Capital et lancé en 2025 par des investisseurs institutionnels français pour financer les PME et ETI de la défense avec des investissements compris entre 15 et 50 millions d’euros.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
De bon conseil« Ce sont les entreprises qui peuvent sauver la France »
Les modèles économiques sont bouleversés, les entreprises doivent s'adapter rapidement, constate Barema Bocoum (Interpath) -
Comment les îles Féroé deviennent la nouvelle destination gastronomique et hôtelière du Nord
Longtemps, on a trouvé mille raisons de repousser le voyage aux Îles Féroé : l'isolement, le climat imprévisible, l'idée d'un archipel trop reculé pour s'y improviser un séjour. Il suffit d'y poser le pied pour comprendre l'erreur. Avec la reprise, cette année, de la liaison directe depuis Paris, le moment n'a jamais été aussi favorable. Itinéraire en neuf étapes, de Tórshavn à Mykines. -
Le coût de la guerre en Iran pour les Etats-Unis ? 47 milliards de dollars
Le Pentagone a révélé au Congrès le montant de la campagne militaire de Donald Trump contre le régime iranien. La note est salée et continue de s'aggraver