Les banques européennes souffrent du manque de perspectives économiques
La fête sur les marchées est-elle finie pour les banques européennes ? La teneur de leurs comptes du premier trimestre – Barclays et Credit Suisse ouvriront le bal des grands établissements mercredi prochain – sera un élément déterminant pour les investisseurs. Ceux-ci ont déjà commencé à s’alléger dans le secteur: le compartiment bancaire (qui agglomère 28 valeurs) de l’indice paneuropéen Eurostoxx 600 a perdu près de 19% depuis le 28 janvier, séance à l’issue de laquelle il arriva au terme de sa remontée entamée en juillet dernier.
Ce mois-là, Mario Draghi, alors président de la Banque centrale européenne, avait déclenché le début du rally en déclarant que l’euro serait sauvé coûte que coûte. Cette déclaration a été appuyée par les efforts des établissements pour réduire la taille de leur bilan et équilibrer leur profil de liquidité, même si du chemin reste à faire dans ce domaine, en particulier pour les acteurs français. En réaction, les valeurs bancaires européennes se sont appréciées de 75% entre le 24 juillet et le 28 janvier 2013, mettant fin à deux ans et demi de purgatoire et surperformant nettement le marché (+25,6% pour l’Eurostoxx 600).
Mais la crise chypriote a tempéré les ardeurs des investisseurs et rappelle que la zone euro n’a pas levé toutes ses hypothèques. En outre, l’absence de perspectives économiques à moyen terme en Europe limite le potentiel des établissements à dégager des rendements significativement supérieurs au coût du capital. «Avec une valorisation moyenne d’une fois leur valeur comptable, les actions de banques européennes, pour la plupart, ont plus de chance de baisser que de s’apprécier», indique Erin Davis, analyste chez Morningstar.
Sans être équivalente à la deuxième moitié de 2011 et au premier semestre 2012, l’instabilité des marchés demeure néanmoins. Cette situation pèse sur les perspectives de résultats dans les activités de banque d’investissement – d’autre plus que les établissements européens ne sont pas en première ligne pour bénéficier du regain d’activité sur les marchés primaires aux Etats-Unis. «En l’absence de direction ferme, nous nous attendons à ce que l’attention des investisseurs se concentre sur les mesures d’économies des établissements européens et sur leur capacité à générer des fonds propres», estiment les analystes de Credit Suisse.
Plus d'articles du même thème
-
«La correction sur les taux nous paraît excessive»
Mikaël Pacot, responsable Investissements Souverains et SSA chez BNP Paribas AM. -
«Nous demeurons constructifs sur les marchés actions»
Valentin Bissat, chef économiste et stratégiste senior chez Mirabaud AM -
L’interdiction d’exporter du diesel est une fausse bonne idée pour les Etats-Unis
Dans une démarche électorale, Donald Trump cherche à réduire la pression sur les prix du carburant, principalement du diesel. Mais si limiter les exportations diminuera les prix dans un premier temps, cela ne durera pas.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Lignes rougesRussie – Europe : l’étrange et inquiétante escalade
Face à des attaques hybrides russes de plus en plus affirmées, les Européens sont parfois pris au dépourvu. Ils planchent toutefois sur des modes collectifs de riposte -
EditoLa France au révélateur de la Léonmania
Que dit de notre pays l'incroyable succès de la visite du pape Léon XIV à Paris ? -
Drone de guerre« Ce n’est pas Pearl Harbor » : derrière Le Pen et Bardella, les voix discordantes du RN sur la menace russe
La direction du Rassemblement national veut installer une nouvelle grammaire, plus ferme, sur la menace russe. Mais une partie de ses élus continue de relativiser les attaques de Vladimir Poutine