Les banques européennes ont encore du chemin à faire sur les marchés
Les banques vivent depuis un an le syndrome de la douche écossaise en Bourse. Les valorisations des établissements d’Europe continentale se sont effondrées au cours de l’été 2011, consécutivement à la crise de la zone euro. Les deux injections de liquidité de la BCE, en décembre 2011 et février 2012, ont donné une bouffée d’air frais au secteur, qui a repris des couleurs en Bourse entre janvier et mars 2012.
Mais les atermoiements pour trouver des solutions structurelles à la crise et la détérioration de la situation économique – en particulier dans les pays d’Europe méditerranéenne – ont eu raison de cet espoir naissant. Les valorisations des banques ont, pour beaucoup d’entre elles, retrouvé des planchers, avant d’entamer une remontée à partir de la mi-juillet.
La période de publication des résultats semestriels a soutenu les cours de Bourse, les investisseurs se montrant quelque peu rassurés par le rythme auquel nombre de banques ont renforcé leur situation financière. Certaines, comme la Société Générale ou CASA ont repris des couleurs à l’annonce de cessions d’actifs (respectivement TCW et Emporiki). Mais les valorisations restent pour la plupart loin de leur actif net comptable. Ainsi, l’action BNP Paribas, deuxième capitalisation européenne, traite à 0,58 fois son actif net par action. La Société Générale affiche un maigre multiple de 0,45.
«Tant que demeurera une inquiétude sur la situation de la zone euro, la décote subsistera. Les établissements les mieux valorisés sont ceux qui sont le moins exposées aux pays comme l’Italie ou l’Espagne», constate un analyste. En effet, les banques scandinaves et anglo-saxonnes (plus internationales) sont parmi celles qui affichent les plus fortes progressions depuis le début de l’année. Certaines, comme Nordea, Barclays, HSBC, mais aussi Svenska Handelsbanken, affichent même une progression sur 12 mois (+33% pour Handelsbanken).
Le cas de Nordea est révélateur: le groupe scandinave est passé de la onzième à la troisième capitalisation européenne du secteur – Royaume-Uni compris – au 11 juillet 2012 (à 28,5 milliards d’euros). «Les écarts entre acteurs sont justes, estime l’analyste. Les investisseurs détestent les incertitudes; or, ils ne connaissent pas la valeur de ce qui figure dans les livres des banques exposées aux dettes souveraines. Ils expriment notamment leurs doutes sur la composition du bilan par rapport au montant des fonds propres disponibles.»
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