Les banques européennes abordent les stress tests avec sérénité
Stress tests, acte 2. L’Autorité bancaire européenne (EBA) publiera vendredi soir les résultats de ses derniers tests de résistance. L’exercice a concerné 51 établissement, dont 6 français, couvrant 70% du secteur bancaire dans l’Union européenne. Ce panel est donc nettement plus réduit que celui retenu pour l’inauguration du dispositif en 2014. Autre différence de taille, ces stress tests ne distingueront pas de vainqueurs ou de perdants par rapport à un seuil minimum de solvabilité afin d'éviter des réactions de marché intempestives. «Cela soulève d’importantes questions en termes de communication, faute de ligne directrice sur l’interprétation des résultats», souligne Anna Sienkiewicz, économiste chez Crédit Agricole SA.
Cette nouvelle mouture impose en revanche aux établissements de prévoir leurs coûts de risque opérationnel et de conduite, et intègre le risque de crédit lié à l’activité de prêt en devises étrangères. Ce durcissement de la méthodologie comparé à 2014 pourrait «révéler un impact en fonds propres plus important qu’anticipé», poursuit Anna Sienkiewicz. Credit Suisse considère toutefois que les banques devraient faire mieux qu’en 2014 en raison d’une capacité améliorée à absorber des pertes.
Les établissements les plus fragiles seront à aller chercher du côté de l’Italie où Monte dei Paschi ploie sous 50 milliards d’euros de créances douteuses, soit l'équivalent de près d’un tiers de ses actifs. Le ministre des Finances italien Pier Carlo Padoan a écarté une nouvelle fois hier toute menace systémique liée au secteur bancaire italien.
En Allemagne, les résultats de Deutsche Bank et de Commerzbank seront également décortiqués. La première, qui publie ses résultats du deuxième trimestre ce mercredi, a vu son ratio de solvabilité CET1 fondre de 11,1% fin 2015 à 10,7% fin mars. Le seconde a déjà communiqué lundi soir sur un ratio de 11,5% à fin juin, contre 12% à fin mars.
Les résultats de ces stress tests devront nourrir le processus de surveillance et d'évaluation prudentielle (SREP) en 2016. «Si une banque est trop éloignée de son ratio SREP et/ou si sa consommation de fonds propres est trop élevée après application du scénario adverse, une réponse réglementaire probable sera d’accroître le coussin du pilier 2», anticipent les analystes de Credit Suisse.
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