Les banques espagnoles craignent pour leurs marges nettes

Lancés dans une guerre des dépôts, les établissements les plus centrés sur le marché domestique s’attendent à un exercice 2011 délicat
Elodie Cuzin, à Madrid

Un vent de pessimisme pèse sur les résultats trimestriels des banques espagnoles. Faisant office chaque trimestre de baromètre du secteur, Banesto a ouvert le bal début octobre. Son bénéfice net sur les neuf premiers mois de 2010 est tombé à 450,6 millions d’euros, soit une baisse interannuelle de 18,6% «après un renforcement significatif des provisions génériques» (418 millions), souligne la banque. Elle accuse notamment une dépréciation de 128 millions de son portefeuille immobilier qui correspond à une nouvelle norme de la Banque d’Espagne exigeant de provisionner plus rapidement et rigoureusement la perte de valeur de ces actifs et dont l’effet se ressent dans tous les bilans ce trimestre.

Plus largement, les provisions lestent les résultats. Caja Madrid a ainsi mis de côté 1,1 milliard d’euros depuis janvier. Son bénéfice net chute de 69%, à 232 millions. Sa grande rivale, la Caixa, a elle destiné 1,54 milliards d’euros aux provisions et gagné 1,23 milliards depuis janvier (-12,9%). Les profits de Banco Sabadell reculent de 27% (340 millions). Elle a provisionné 814 millions de côté depuis janvier (+38%). Concluant la salve des résultats de la semaine dernière, Bankinter accuse un bénéfice en repli de 27% (149 millions d’euros) mais affiche le taux d’encours douteux le plus faible du secteur (2,7%) contre une moyenne de 5,6% pour les banques et caisses en août.

Le secteur s’inquiète surtout aujourd’hui de l’impact sur ses marges nettes d’intérêt d’une reprise souffreteuse alliée à la bataille acharnée de captation de dépôts que les banques se livrent. Et ce, alors que le marché interbancaire leur reste hostile. «La pression sur les marges devrait continuer», soulignent les analystes de KBW. Côté production, Daragh Quinn, analyste chez Nomura, estime que «l’Espagne pourrait se diriger vers une chute de jusqu'à 10% des volumes de prêts» d’ici à 2015.

Mais les banquiers se veulent rassurants sur la santé du secteur en s’appuyant notamment sur les tests de résistance de cet été. Les ratios de fonds propres durs de ces banques vont des 7,2% de Caja Madrid aux 8,7% affichés par La Caixa. Les plus centrées sur le marché domestique espèrent en outre pouvoir bientôt profiter des fusions entre caisses d'épargne pour gagner des parts de marché.

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