Les banques espagnoles craignent pour leurs marges nettes
Un vent de pessimisme pèse sur les résultats trimestriels des banques espagnoles. Faisant office chaque trimestre de baromètre du secteur, Banesto a ouvert le bal début octobre. Son bénéfice net sur les neuf premiers mois de 2010 est tombé à 450,6 millions d’euros, soit une baisse interannuelle de 18,6% «après un renforcement significatif des provisions génériques» (418 millions), souligne la banque. Elle accuse notamment une dépréciation de 128 millions de son portefeuille immobilier qui correspond à une nouvelle norme de la Banque d’Espagne exigeant de provisionner plus rapidement et rigoureusement la perte de valeur de ces actifs et dont l’effet se ressent dans tous les bilans ce trimestre.
Plus largement, les provisions lestent les résultats. Caja Madrid a ainsi mis de côté 1,1 milliard d’euros depuis janvier. Son bénéfice net chute de 69%, à 232 millions. Sa grande rivale, la Caixa, a elle destiné 1,54 milliards d’euros aux provisions et gagné 1,23 milliards depuis janvier (-12,9%). Les profits de Banco Sabadell reculent de 27% (340 millions). Elle a provisionné 814 millions de côté depuis janvier (+38%). Concluant la salve des résultats de la semaine dernière, Bankinter accuse un bénéfice en repli de 27% (149 millions d’euros) mais affiche le taux d’encours douteux le plus faible du secteur (2,7%) contre une moyenne de 5,6% pour les banques et caisses en août.
Le secteur s’inquiète surtout aujourd’hui de l’impact sur ses marges nettes d’intérêt d’une reprise souffreteuse alliée à la bataille acharnée de captation de dépôts que les banques se livrent. Et ce, alors que le marché interbancaire leur reste hostile. «La pression sur les marges devrait continuer», soulignent les analystes de KBW. Côté production, Daragh Quinn, analyste chez Nomura, estime que «l’Espagne pourrait se diriger vers une chute de jusqu'à 10% des volumes de prêts» d’ici à 2015.
Mais les banquiers se veulent rassurants sur la santé du secteur en s’appuyant notamment sur les tests de résistance de cet été. Les ratios de fonds propres durs de ces banques vont des 7,2% de Caja Madrid aux 8,7% affichés par La Caixa. Les plus centrées sur le marché domestique espèrent en outre pouvoir bientôt profiter des fusions entre caisses d'épargne pour gagner des parts de marché.
Plus d'articles du même thème
-
Le Canada se dote d'un fonds souverain pour renforcer son indépendance économique
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé la création d'un fonds d'investissement national. Son ambition est de renforcer l’indépendance économique du Canada en investissant prioritairement dans les entreprises et les infrastructures du pays. -
PARTENARIAT
Avis de convocation – Saint-Gobain
-
Wall Street sur le qui-vive avant les résultats des géants de la tech
Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta Platforms, qui publient leurs résultats trimestriels ce mercredi 29 avril, suivis d'Apple le lendemain, seront scrutés par les investisseurs. Depuis environ un mois, tous ont porté le S&P 500 vers des sommets historiques. Des bénéfices records sont attendus, mais aussi des dépenses d'investissement sans précédent, tirées par l'IA.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- La Suisse publie sa proposition de loi «too big to fail» sur mesure pour UBS
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
Contenu de nos partenaires
-
Sot-l'y-laisseMaster Poulet, dans la cuisine de la guerre des gauches
En prenant la défense d’un fast-food 100 % halal que le maire PS de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, voudrait voir disparaître, les insoumis croient défendre le patrimoine culinaire de la « Nouvelle France » menacé par l'exil des bobos en banlieue -
Coq gauloisDerrière le boom du poulet, une France qui change profondément
Depuis début 2000, la consommation de poulet a été multipliée par deux en France. Preuve de bouleversements sociologique et économique profonds, portés par l'immigration, l'érosion du pouvoir d'achat et les soucis environnementaux. Des éléments complexes, cristallisés dans la « guerre » du Master Poulet -
EditorialLogement à Paris : Emmanuel Grégoire organise la pénurie et la flambée des prix
Changer la vie, peut-être, mais pas au point de remettre en cause ses a priori idéologique. Or contre cette carence locative dénoncée depuis des décennies maintenant, seule une vraie politique de l'offre sera efficace