Les banques espagnoles allègent leurs provisions pour créances douteuses

Les ratios de prêts non performants ont néanmoins augmenté, signe que l’assainissement des portefeuilles de crédit n’est pas encore achevé
Antoine Duroyon

La diminution des provisions pour créances douteuses a été le thème commun aux deux premiers groupes bancaires espagnols lors de la présentation de leurs résultats la semaine dernière. Le numéro un, Santander, a fait état d’un recul de 900 millions d’euros en variation annuelle au quatrième trimestre, tandis que son dauphin BBVA a enregistré une contraction de 1,5 milliard d’euros.

Les analystes de Natixis soulignent que le coût du risque annualisé chez Santander a atteint au quatrième trimestre 140 points de base, soit le plus bas niveau depuis 2001. «A 6%, le rendement des capitaux (RoE) demeure cependant faible et nous semble difficile à améliorer», ajoutent-ils, en évoquant un trimestre «terne» malgré une hausse de 1,8% des revenus nets d’intérêts et des commissions. Certes, le groupe a vu son bénéfice net doubler, à 1,06 milliard d’euros (4,37 milliards sur 2013), mais celui-ci ressort en deçà du consensus de 1,2 milliard. Signe que l’assainissement des portefeuilles reste d’actualité, le taux de créances douteuses a atteint 5,64%, contre 4,54% un an plus tôt.

Du côté de BBVA, le groupe a essuyé une perte de 849 millions d’euros au quatrième trimestre (mais un bénéfice de 2,2 milliards sur l’exercice), liée à la vente de sa participation dans China Citic Bank. L’établissement a néanmoins pu compter sur la vigueur de son pôle mexicain, premier contributeur aux bénéfices du groupe (à hauteur de 532 millions d’euros à taux de change constant). Comme dans le cas de Santander , le ratio de créances douteuses au niveau du groupe s’est dégradé, passant de 5,1% fin 2012 à 6,7% fin 2013. La baisse des encours l’explique aussi. Le président de BBVA, Francisco Gonzalez, s’est dit confiant pour 2014 grâce à une amélioration «significative» des perspectives.

A la différence de ses rivales, Banco Popular a provisionné 277 millions d’euros supplémentaires au quatrième trimestre afin de lisser le coût du risque. Le résultat net du groupe s’est élevé à 98 millions d’euros (325 millions sur 2013), nettement au-dessus des attentes des analystes (43 millions d’euros). A l’inverse, CaixaBank a dégagé un bénéfice de 45 millions d’euros (503 millions sur l’année), là où le consensus tablait sur 84 millions. Lors d’une conférence de presse, le président de l’établissement, Isidro Faine, a annoncé que CaixaBank déposerait une offre pour Catalunya Banc lorsque celle-ci sera mise en vente par le gouvernement, ce qui pourrait advenir avant l’été.

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