Les banques espagnoles allègent leurs provisions pour créances douteuses
La diminution des provisions pour créances douteuses a été le thème commun aux deux premiers groupes bancaires espagnols lors de la présentation de leurs résultats la semaine dernière. Le numéro un, Santander, a fait état d’un recul de 900 millions d’euros en variation annuelle au quatrième trimestre, tandis que son dauphin BBVA a enregistré une contraction de 1,5 milliard d’euros.
Les analystes de Natixis soulignent que le coût du risque annualisé chez Santander a atteint au quatrième trimestre 140 points de base, soit le plus bas niveau depuis 2001. «A 6%, le rendement des capitaux (RoE) demeure cependant faible et nous semble difficile à améliorer», ajoutent-ils, en évoquant un trimestre «terne» malgré une hausse de 1,8% des revenus nets d’intérêts et des commissions. Certes, le groupe a vu son bénéfice net doubler, à 1,06 milliard d’euros (4,37 milliards sur 2013), mais celui-ci ressort en deçà du consensus de 1,2 milliard. Signe que l’assainissement des portefeuilles reste d’actualité, le taux de créances douteuses a atteint 5,64%, contre 4,54% un an plus tôt.
Du côté de BBVA, le groupe a essuyé une perte de 849 millions d’euros au quatrième trimestre (mais un bénéfice de 2,2 milliards sur l’exercice), liée à la vente de sa participation dans China Citic Bank. L’établissement a néanmoins pu compter sur la vigueur de son pôle mexicain, premier contributeur aux bénéfices du groupe (à hauteur de 532 millions d’euros à taux de change constant). Comme dans le cas de Santander , le ratio de créances douteuses au niveau du groupe s’est dégradé, passant de 5,1% fin 2012 à 6,7% fin 2013. La baisse des encours l’explique aussi. Le président de BBVA, Francisco Gonzalez, s’est dit confiant pour 2014 grâce à une amélioration «significative» des perspectives.
A la différence de ses rivales, Banco Popular a provisionné 277 millions d’euros supplémentaires au quatrième trimestre afin de lisser le coût du risque. Le résultat net du groupe s’est élevé à 98 millions d’euros (325 millions sur 2013), nettement au-dessus des attentes des analystes (43 millions d’euros). A l’inverse, CaixaBank a dégagé un bénéfice de 45 millions d’euros (503 millions sur l’année), là où le consensus tablait sur 84 millions. Lors d’une conférence de presse, le président de l’établissement, Isidro Faine, a annoncé que CaixaBank déposerait une offre pour Catalunya Banc lorsque celle-ci sera mise en vente par le gouvernement, ce qui pourrait advenir avant l’été.
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