Les banques émergentes revoient leurs ambitions d’ouvertures d’agences

Selon l'étude annuelle de Velhon Partners, elles ont réduit l’expansion de leur réseau à 2,8% en 2011, après 4,1% en 2010 et 5,9% en 2009
Patrick Aussannaire

La crise a mis à mal les ambitions de développement des réseaux bancaires dans les pays émergents. C’est ce que révèle l'étude annuelle présentée hier par le cabinet de conseil en stratégie et management Velhon Partners. Après l’envolée du ratio crédit sur dépôt et la croissance du coût du risque connue durant 2008-2009, «la période récente, et plus encore l’exercice 2011, marquent l’entrée des banques des pays émergents dans une phase de normalisation de leurs niveaux de performance», estime Velhon Partners.

L’année 2011 est ainsi marquée par la stabilisation du ratio crédits sur dépôts avec la fin des surliquidités apportées par les banques centrales, la hausse du ratio de fonds propres sur actifs qui a atteint 12% en 2011 et le tassement de la croissance du PNB qui est revenue à 2% après avoir atteint un rythme de 14% en 2008. Dans ce contexte, les banques ont réduit l’expansion de leur réseau. Cette croissance du nombre d’agences était en effet de 2,8% en 2011, après 4,1% en 2010, 5,9% en 2009 et 14,1% en 2008.

Les Bric ont suivi la même tendance avec une croissance qui a ralenti à 1,7%, après 3,7% en 2010, 4,2% en 2009 et 6,8% en 2008. Seule l’Amérique latine s’est sensiblement redressée avec une progression de ses réseaux bancaires de 3,9%, après 1,7% en 2010 et une année 2009 en zone de contraction. Hors Europe de l’Est (qui a vu son réseau se contracter de 1,3% en 2011), les banques locales restent les plus dynamiques, avec une croissance moyenne de 7,6%, après 9,2% en 2010.

Du côté des acteurs, la banque brésilienne Bradesco a détrôné State Bank of India à la tête du classement Velhon 300 avec un renforcement de son réseau de 28% et l’ouverture d’un millier d’agences en une année. Si Bradesco a vu sa capitalisation grimper de 40 à 64 milliards de dollars entre 2006 et 2011, avec une stagnation sur l’année dernière, State Bank of India a de son côté subi une forte érosion de sa capitalisation, en chute libre de 30 à 19 milliards de dollars en 2011, un niveau à peine supérieur aux 16 milliards de 2006.

Le Brésil devient ainsi le deuxième pays le plus dynamique avec 1.538 agences créées, devant la Chine avec 548 nouvelles agences, mais derrière l’Inde qui caracole en tête avec 2.557 nouvelles agences. Hors Bric, les pays qui connaissent les croissances du réseau bancaire les plus importants sont l’Indonésie, le Vietnam, la Thaïlande, la Turquie, l’Ukraine, l’Afrique du Sud et le Maroc.

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