Les banques des pays périphériques voient remonter leur coût du risque
Ce n’est qu’un début. Le taux des créances douteuses dans les pays périphériques de la zone euro, les plus touchés par le double effet de la récession économique et des programmes d’austérité en préparation, ne cesse de grimper. Ce qui laisse craindre pour 2011 l’apparition de nouvelles pertes dans des systèmes bancaires déjà affaiblis et en partie coupés du marché interbancaire et obligataire.
Au Portugal, en octobre, le taux des créances douteuses dans le bilan des prêteurs est passé à 3,94% contre 3,76% en septembre, selon le bulletin statistique de la banque centrale publié le 23 décembre. Le léger reflux du coût du risque qui se reflétait dans les résultats trimestriels des banques portugaises en 2010 pourrait donc rester sans lendemain. «Dans le contexte économique actuel, caractérisé par un désendettement public et privé, la perspective d’une augmentation des taux de défaut plaide pour un renforcement des provisionnements, notamment sur les crédits à la consommation et aux entreprises non financières», écrivait la banque centrale du Portugal dans sa revue de stabilité financière de novembre.
La situation se dégrade aussi chez le voisin espagnol. Le taux d’encours douteux a atteint en octobre un record de 15 ans à 5,67%, contre 4,99% un an plus tôt, a annoncé le 17 décembre la Banque d’Espagne. Ce stock de créances douteuses atteint 103,7 milliards d’euros. Plus au nord, Lloyds Banking Group vient de relever de 1,5 milliard à 4,3 milliards de livres son coût du risque en 2010 pour son exposition à l’économie irlandaise, invoquant les difficultés du pays, désormais sous perfusion du FMI et de l’Union européenne (L’Agefi du 21 décembre).
Les plans d’austérité budgétaire adoptés dans ces différents pays risquent d’aggraver la tendance, d’autant qu’ils commencent à peine à entrer en application. «Les taux de créances douteuses vont sans doute continuer à monter dans les prochains mois au Portugal, suite à l’introduction des nouvelles mesures d’austérité du budget 2011», note André Rodrigues, analyste à la Caixa Banco de Investimento. Baisse des salaires des fonctionnaires (5% en moyenne au Portugal), arrêt de prestations sociales comme en Espagne, hausse du taux de chômage, poursuite de la récession avec jusqu'à 3% de contraction attendue en Grèce en 2011: tous les ingrédients sont réunis pour fragiliser davantage les emprunteurs.
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