Les banques des constructeurs automobiles chassent les dépôts
Les groupes bancaires indépendants ne sont pas les seuls à subir Bâle 3. N’ayant traditionnellement pas d’activité de dépôts, les établissements captifs des constructeurs automobile s’inquiètent également des ratios de liquidité imposés par les futures règles prudentielles. C’est pourquoi ils multiplient les projets de produits d’épargne.
RCI Banque, la captive de Renault, a lancé hier «Zesto». Annoncé il y a un an et testé auprès des salariés du groupe en septembre, ce livret, qui ne peut être souscrit qu’en ligne, est le résultat d’un partenariat avec le Crédit Mutuel Arkéa, qui a fourni la plate-forme technique.
«L’idée nous est née pendant la crise financière. Les Allemands étaient inquiets à l’idée que les banques régionales fassent faillite. Ils ont ainsi transféré leur épargne vers les établissements de crédit des constructeurs», raconte Dominique Thormann, le PDG de RCI Banque. En quelques mois, Mercedes-Benz Bank a ainsi vu arriver 8 milliards d’euros provenant de clients de Landesbanken.
RCI Banque, qui a glané 10 millions d’euros de dépôts auprès de salariés du groupe, espère collecter 500 millions d’euros cette année. «Au terme du nouveau plan triennal de Renault, nous comptons être en mesure de refinancer environ 10% de nos encours», explique Philippe Buros, directeur commercial de RCI Banque. Soit environ 2,5 à 3 milliards d’euros. Les exemples outre-Rhin donnent des raisons d’espérer: Volkswagen Financial Services a collecté 700 millions d’euros l’année de son lancement, en 1995, et comptait 20,1 milliards d’euros de dépôts au 30 juin 2011.
RCI Banque ne commercialise son livret qu’en France pour l’instant, «alors que trois autres filiales nous le réclament déjà, dont l’Allemagne», indique Dominique Thormann. Mais le produit a vocation à être déployé.
D’autres projets vont voir le jour. Banque PSA, l’établissement de PSA Peugeot-Citroën, envisagerait aussi de lancer un produit d'épargne, selon des sources de marché. «Toutes les banques sont confrontées au ratio de liquidité. Les établissements qui n’ont pas de dépôts seront fortement pénalisés par Bâle 3», poursuit le dirigeant. Toutes les captives de constructeurs ont été confrontées au resserrement du crédit. Volkswagen FS et Banque PSA, envisagent ainsi de prendre part au deuxième programme de refinancement à long terme (LTRO) de la BCE, prévu pour le 29 février.
Plus d'articles du même thème
-
Julius Baer obtient du régulateur helvète un assouplissement des mesures d’encadrement
La décision fait suite aux progrès réalisés par la banque privée suisse en matière de mise en conformité. -
Le gouvernement britannique veut changer le système d’indexation des retraites
Dans son discours au parti travailliste, le premier ministre britannique Andy Burnham a indiqué qu’à partir de 2030, l’amendement du système d’indexation des retraites permettra de générer « d’importantes économies ». -
Fort de son historique en deal-by-deal, Rising Point lève un premier fonds au-delà du plafond
Le sponsor indépendant de Chicago réunit en six mois 325 millions de dollars auprès d'institutionnels, montrant que le modèle deal-by-deal peut aussi servir de tremplin vers un fonds classique.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
L'heure de véritéRetraites : Philippe à quitte ou double
Après des mois de mystère, le candidat Horizons a pris de front mardi le sujet des retraites : ce sera 65 ans, assorti de 45 années de cotisation. Une réforme qu'il sait impopulaire, mais juge inéluctable -
Une bonne fois pour touteAge de départ, durée de cotisation, capitalisation : ce que contient le projet d'Edouard Philippe pour les retraites
Le candidat à l'élection présidentielle assume la réforme des retraites la plus ambitieuse – ou la plus dure – afin de dégager des marges de manœuvre pour financer d'autres politiques publiques grâce à l'augmentation du taux d'emploi des seniors -
Qui dit plus ?La France face au vertige de 340 milliards d’euros d’emprunts en 2027
Les hypothèses de l'Agence France Trésor sont optimistes : des taux à 10 ans à 4,3 % fin 2027 et un objectif de déficit public à 5 % du PIB