Les banques défendent leurs modèles internes face au Comité de Bâle
William Coen, le secrétaire général du Comité de Bâle, a promis dans le FT «la lumière au bout du tunnel» en matière de réformes bancaires liées à la crise de 2007-2008. Les lobbies du secteur sont tout prêts à le prendre au mot, notamment sur la question, toujours en chantier, des modèles standards et internes de calcul des risques pondérés. L’IIF, le CRE Finance Council, la GFMA et l’Isda, qui rassemblent les principales institutions financières mondiales, lui ont écrit en ce sens le 27 mars, en répondant à la consultation du Comité de Bâle sur la réforme des modèles standards et internes qui s’achevait vendredi dernier.
Les régulateurs bancaires ont publié fin décembre deux projets de réforme du calcul des encours de risques pondérés (RWA). Le premier institue un «floor», un plancher garantissant que l’exigence de fonds propres, calculée selon les modèles internes des banques, ne tombe pas sous un certain seuil. Dans l’idée des régulateurs, les divergences constatées entre banques dans le traitement du même type d’exposition serait ainsi gommées. Le second texte toilette le calcul du modèle standard, moins élaboré, et appliqué par exemple en France par La Banque Postale.
Corriger les défauts des modèles actuels «ne doit pas conduire à réécrire ou à bouleverser de fond en comble Bâle 3», soulignent les banques dans leur courrier, en appelant plus largement à «une revue complète de toutes les composantes des travaux du Comité» et de leurs effets sur le financement de l’économie.
S’agissant des modèles internes, «les floors ne sont pas cohérents avec les objectifs de sensibilité au risque, de simplicité et de comparabilité». Les signataires craignent qu’avec un plancher trop haut, «une banque pourrait à raison contester la valeur ajoutée de modèles internes validés par le superviseur». Elle n’aurait donc plus de raison économique d’investir dans des modèles synonymes de meilleure appréciation des risques. «On ne peut exclure que toutes les banques ne soient pas soumises au même ratio ou standard, en raison de divergences d’application au niveau national», ajoute le courrier.
Les représentants des banques regrettent enfin que la consultation du Comité de Bâle fasse l’impasse, à ce stade, sur le calibrage souhaité des futurs «floors». Les régulateurs souhaitent publier une deuxième consultation plus complète sur le sujet d’ici à fin 2015.
Plus d'articles du même thème
-
«Notre crainte est que le marché du crédit reste volatil»
Benoist Grasset, gérant high yield chez Generali Investments -
«Les marchés ne semblent pas croire à une appréciation durable du yen»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
« La prudence des investisseurs sur les actifs français peut durer jusqu’au printemps »
Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques et de la gestion diversifiée, Lazard Frères Gestion.
ETF à la Une
Le régulateur suisse autorise le premier ETF investi sur le bitcoin
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
« Nous voulons des élections maintenant ! » : au Venezuela, une opposition divisée sur fond de négociations avec le gouvernement
Depuis l'intervention des Etats-Unis, deux oppositions cohabitent au Venezuela. L'une, cooptée par Washington, négocie une transition démocratique avec le gouvernement chaviste. L'autre, soutenue par les Vénézuéliens mais écartée des tractations, organisent des manifestations pour se faire entendre du pouvoir. -
A Orléans, un RN dans sa bulle célèbre la réélection de Jordan Bardella
Les cadres du parti ont déroulé la première journée de leur Congrès dans une pleine satisfaction, peinant à cacher leur optimisme pour la présidentielle à venir -
« L'Etat sera là » : Lecornu promet de reconstruire la mairie de Limoges « à l'identique »
« Le contribuable local, communal, ne mettra pas un euro dans la reconstruction de cet hôtel de ville », a indiqué le Premier ministre. Matignon souhaite une « procédure Notre-Dame » de Paris