Les banques de la zone euro retrouvent leur appétit pour la dette d’Etat
La détention de titres souverains émis par les pays de la zone dans le bilan des banques flirte avec ses records historiques.
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Antoine Landrot
Malgré la faiblesse des taux d’intérêt en Europe, dont certains ont atteint de nouveaux planchers la semaine dernière, les banques de la zone euro se tournent à nouveau vers la dette d’Etat. Leur bilan cumulé a ainsi progressé de 1,5% en octobre et atteint un montant historique, à 1.867,6 milliards d’euros. Si l’on ne prend en compte que la détention d’emprunts souverains domestiques, les banques flirtent avec le record de juin 2013 (1.374 contre 1.375 milliards).
Selon les statistiques de la BCE, la détention de dette souveraine, tant domestique qu’émise par les autres Etats de la zone euro, a même atteint un record absolu dans les établissements allemands, soit respectivement 258,6 et 110,2 milliards d’euros. Concernant le Bund, l’augmentation est minime par rapport au mois précédent (+0,75%), mais elle est continue depuis mai 2013.
Autre record, celui établi par les banque italiennes. Celles-ci n’ont jamais détenu un tel montant d’emprunts d’Etat italiens (BTP): il atteint 430,8 milliards d’euros, soit une augmentation de 4,4% par rapport au mois de septembre. «Les établissements ont acquis 18 milliards de titres italiens supplémentaire au cours du mois d’octobre, malgré le peu de remboursements. Il s’agissait d’achats primaires», souligne la recherche de RBS.
Les banques françaises pourraient également avoir soutenu la demande pour les BTP. Si leur exposition à la dette de la France n’a pas atteint de nouveaux sommets en octobre (191,6 milliards d’euros, soit 100 millions de moins qu’en septembre et un record de 203 milliards en mai 2013), les achats de titres non domestiques ont bondi de 10,3 milliards d’euros, à 97,8 milliards. Un montant record depuis le mois de janvier. RBS estime «qu’une grande partie de ces achats a été allouée aux BTP. Les résultats détaillés des tests de résistance réalisés par l’Autorité bancaire européenne en 2014 ont révélé que l’exposition des grandes banques françaises au papier souverain de la zone euro était fortement concentrée sur les BTP – environ un tiers des actifs zone euro».
Dans leur ruée vers la dette souveraine, les banques ne se limitent donc pas à celle qui est émise par leur propre Etat. A 412 milliards d’euros, les encours non domestiques ont d’ailleurs atteint un record depuis mars 2011. Ils avaient connu le mois suivant une chute de 100 milliards en raison de l’intensification de la crise en Espagne et en Italie.
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