Les banques britanniques écartent la menace d’un ratio de levier trop strict
Annoncé comme le plus strict d’Europe, le ratio de levier qui s’imposera aux banques britanniques se révèle finalement très raisonnable, à en juger par le parcours boursier des principales intéressées vendredi. Les titres Barclays, RBS et Lloyds Banking Group ont en effet accéléré leurs gains après la publication le 31 octobre par la Banque d’Angleterre de ses nouvelles exigences, pour finir la séance sur des hausses respectives de 8,20%, 6,21% et 2,61%.
Le ratio de levier britannique, qui rapporte le capital au total de bilan sans pondération des actifs par le risque, sera constitué de 3 éléments pouvant atteindre au total 4,95%. Un ratio minimum de 3%, dont les trois quarts constitués de capital common equity tier one et le reste de titres hybrides AT1, s’appliquera aux grands prêteurs dès que possible. Il est équivalent au leverage ratio de 3% prévu par les règles de Bâle 3.
Un coussin supplémentaire sera exigé des institutions dites systémiques, dans un rapport de 35% du coussin prévu pour ces mêmes G-SIB en approche pondérée par le risque (RWA). Cela représenterait un surcroît de ratio de levier de 0,35 à 1,05 point selon la taille des banques concernées. Sa mise en œuvre sera progressive de 2016 à 2019. Enfin, la BoE pourra imposer un coussin contra-cyclique, là aussi sur le modèle déjà prévu par l’approche RWA, si elle constate une surchauffe du crédit en Grande-Bretagne. Ce troisième étage atteindrait jusqu’à 0,9 point. Les suppléments au-delà du ratio minimum devront être constitués uniquement de capital CET1. Le calcul des actifs au dénominateur du ratio suivra la définition du Comité de Bâle.
«C’est probablement la règle la plus favorable aux banques que nous ayons vue, tant en terme de niveau de capital que de calendrier», réagissaient vendredi les analystes de Sanford Bernstein. Ceux de Credit Suisse avaient estimé que la BoE pourrait proposer un ratio allant jusqu’à 7,5%, avec un minimum à 4%, tandis que Nomura tablait sur 5%.
A fin septembre, HSBC et Lloyds affichaient déjà des ratios de 4,3% et 4,7%, supérieurs au seuil de 4,05% qui pourrait les attendre avant d’éventuelles mesures contra-cycliques. Barclays, qui part de plus loin (3,5%) et pouvait laisser craindre aux investisseurs le recours à une augmentation de capital, a dit vendredi qu’elle parviendrait à respecter cette contrainte dans le cadre de son plan d’affaires actuel.
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