Les banques américaines semblent mieux armées pour résister à une récession forte
Les grandes banques américaines ont manqué de peu le carton plein lors des stress tests annuels réalisés par la Réserve fédérale. Sur 18 établissements, seul Ally Financial, détenu à 74% par l’Etat fédéral, n’a pas atteint le niveau minimum de 5% requis pour son ratio Tier 1 des fonds propres «durs». L’ex-GMAC affiche un ratio de 1,5%, pénalisé notamment par la faillite de sa filiale Residential Capital. L’établissement a réagi en indiquant disposer d’un niveau de liquidité amplement suffisant pour soutenir ses activités de financement automobile, en estimant que les tests réalisés par la Fed sur le niveau d’adéquation de son capital étaient «fondamentalement biaisés».
Le scénario retenu par la Fed est bâti sur l’hypothèse d’un taux de chômage de 12,1%, d’une chute de 50% des marchés boursiers, d’une baisse de plus de 20% des prix immobiliers et d’un choc pour les principales sociétés de Bourse. «Ce scénario extrême reflèterait une récession profonde aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, ainsi qu’un ralentissement marqué dans les pays émergents d’Asie» souligne l’institution. Dans ce cas de figure théorique, le ratio Tier 1 des fonds propres «durs» tomberait à 7,4% pour l’ensemble des banques contre un niveau de 5,6% à la fin de l’année 2008. «Les pertes cumulées des 18 banques totaliseraient 462 milliards de dollars durant les neuf trimestres du scénario hypothétique», précise la Fed.
«Le niveau de capitalisation des banques a progressé de 25% en 5 ans et il s’élève à 1.600 milliards de dollars pour l’ensemble du secteur», commente Frank Keating, président de l’Association des banquiers américains (ABA). Les «meilleurs élèves» sont Bank of New York Mellon, State Street Corp et American Express avec un ratio supérieur à 10%, alors que Morgan Stanley et Goldman Sachs affichent un ratio tout juste passable de 5,7% et 5,8%. Goldman Sachs, qui annonce un ratio de 8,6% selon son propre calcul, note que les stress tests de la Fed ne tiennent pas compte d'éventuelles réductions de coûts.
Ayant atteint un ratio de 8,3%, Citigroup a demandé à la Fed la permission de procéder à un rachat d’actions pour 1,2 milliard de dollars au cours des prochains mois. Le régulateur a en effet laissé aux banques un délai de 48 heures pour revoir leurs plans. Les résultats d’une deuxième phase de tests, incluant cette fois les éventuels projets de rémunération des actionnaires ou de croissance externe, seront publiés le 14 mars.
Plus d'articles du même thème
-
Le fil des négociations n’est pas rompu entre Washington et Téhéran
Après avoir rejeté durant le week-end le plan iranien destiné à rouvrir le détroit d’Ormuz, Donald Trump s’attend à une poursuite des discussions cette semaine. -
«La correction sur les taux nous paraît excessive»
Mikaël Pacot, responsable Investissements Souverains et SSA chez BNP Paribas AM. -
«Nous demeurons constructifs sur les marchés actions»
Valentin Bissat, chef économiste et stratégiste senior chez Mirabaud AM
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Sénatoriales : pour la première fois, le RN aura un groupe au Sénat
Associé à l'UDR d'Eric Ciotti, le Rassemblement national est sur le point de diriger un groupe au Sénat. Une première dans l'histoire du parti -
Lignes rougesRussie – Europe : l’étrange et inquiétante escalade
Face à des attaques hybrides russes de plus en plus affirmées, les Européens sont parfois pris au dépourvu. Ils planchent toutefois sur des modes collectifs de riposte -
EditoLa France au révélateur de la Léonmania
Que dit de notre pays l'incroyable succès de la visite du pape Léon XIV à Paris ?