Les banques américaines promettent de préserver le contribuable en cas de déconfiture
Prévoir l’imprévisible, tel est le défi lancé aux banques par les régulateurs américains. Dans le cadre de la loi Dodd-Frank, neuf géants de Wall Street ont ainsi soumis à la Réserve fédérale et à l’agence de garantie des dépôts (FDIC), leur plan d’action au cas où une déroute devait les contraindre à la faillite et au démantèlement. Ce «testament» devra être actualisé chaque année par un total estimé de 125 établissements.
Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley, ainsi que Barclays, Deutsche Bank, UBS et Credit Suisse, puissants outre-Atlantique, ont donc ouvert le feu. Les régulateurs ont publié sans commentaires la partie publique des plans et disposent de deux mois pour demander des informations complémentaires. Avant théoriquement de pouvoir exiger des évolutions de périmètres ou de structures s’ils n’étaient pas convaincus que la banque soit capable de sortir seule de l’ornière d’une façon ordonnée et sans le soutien des pouvoirs publics. Ce dernier argument est crucial après le plan massif d’aide au secteur dans le sillage de la faillite de Lehman Brothers.
Les banques tentent aujourd’hui de rassurer en minimisant la notion de «too big to fail» qui veut que l’Etat doive se porter au secours d’un établissement à la dérive afin d’assurer la stabilité du système. BoA par exemple assure pouvoir le cas échéant dénicher pour ses actifs des prétendants aussi divers que des concurrentes, des fonds alternatifs ou de private equity, des assureurs ou des fonds souverains. Un sentiment partagé par Goldman Sachs, qui prévoit le scénario alternatif d’une liquidation pure et simple qui «prendrait plus de temps». Certains comme Citigroup, qui a isolé des actifs à céder, ont mis en avant le travail déjà réalisé pour atténuer les chocs.
Visant tout autant à rassurer le contribuable qu’à fournir des éléments de travail pour l’hypothétique jour J, l’élaboration des «plans de survie» prend pourtant comme hypothèse, sur instruction des superviseurs, une faillite individuelle. Ce qui limite l’utilité de l’exercice en cas de turbulences fortes sur les marchés, car alors les acheteurs pressentis pourraient ne pas avoir la capacité de répondre à l’appel. Le niveau de transparence des documents publics suscite également les critiques, permettant aux banques de fournir «une assurance de façade sur leur sécurité», selon le représentant d’un lobby à Washington.
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