Les « bad banks » allemandes ont grevé les finances publiques
Les «bad banks» grèvent les finances publiques des Etats qui les créent. L’Allemagne est bien placée pour le savoir, elle qui en a constitué deux en venant à la rescousse de WestLB et Hypo Real Estate. Selon les estimations publiées par Eurostat en avril 2011, les aides au secteur financier ont creusé le déficit du pays de 0,4% en 2010 et gonflé sa dette de près de 9,5% du PIB.
Le choc est certes moins important qu’en Irlande où le sauvetage des banques a coûté près de 20,7 % du PIB. Reste que dans certains pays, comme le Danemark ou la France, les exécutifs ont pu se targuer d’avoir amélioré, à la marge, les comptes publics, en tendant la main aux institutions financières. Le gouvernement français devrait changer de discours si le démantèlement de Dexia venait à passer par la constitution d’une bad bank.
Car c’est ce type d’intervention qui a coûté cher à son voisin allemand. Entre 2009 et 2010, la structure de défaisance Erste Abwicklungsanstalt (EAA) a récupéré près de 77 milliards d’euros d’actifs toxiques de WestLB. Devenue opérationnelle à la fin de l’année 2010, l’entité de sauvetage montée pour HRE et baptisée, FMS-WM, a quant à elle, reçu pour 173 milliards d’euros d’actifs.
Pour s’assurer que toutes les opérations de sauvetage qui ont eu lieu dans 20 des 27 pays de l’Union depuis 2007 sont comptabilisées de façon homogène, Eurostat a publié une note de mise au point à l’été 2009. L’institut de statistiques européen en a profité pour adapter sa doctrine aux dernières innovations des Etats en matière de sauvetage. Dans sa décision, il établit quelques règles simples. Lorsqu’un Etat crée une structure de défaisance publique, l’impact sur ses finances est immédiat.
L’augmentation du déficit est calculée en fonction de la différence entre le prix de reprise des actifs pourris et leur valeur de marché. C’est ce à quoi l’Allemagne s’est résignée. Mauvaise nouvelle, même si l’Etat réussit à revendre ses actifs à bon prix, le déficit n’est pas réduit. La dette de la bad bank vient s’ajouter à celle de l’Etat.
Parfois, la bad bank est adossée à une structure privée. Dans ce cas, sa constitution n’affecte pas immédiatement le déficit de l’Etat concerné. En revanche, s’il fournit quand même des garanties et que celles-ci sont appelées, ce sont évidemment les comptes publics qui trinquent.
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