Les autorités russes renflouent la deuxième banque privée pour éviter la contagion
La Banque centrale russe va prendre le contrôle d’Otkritie, la deuxième banque privée du pays et la huitième par la valeur de ses actifs. Elle va créer un fonds «destiné à consolider le secteur bancaire», qui prendra 75% du capital de la banque en difficulté, voire plus si les fonds propres restent négatifs. La banque centrale gérera directement Otkritie pendant au moins six mois. A l’annonce de ce sauvetage, les investisseurs ont été soulagés, mais l’inquiétude a vite repris le dessus, faute de détail sur le plan. Ainsi, après avoir fortement rebondi mardi, atteignant 80 centimes (80% du nominal), le prix des obligations Otkritie à échéance avril 2019 (500 millions de dollars au total) est retombé ce mercredi à un plus bas de 38 centimes. Le flou des déclarations de la banque centrale, qui a affirmé vouloir honorer les engagements de l’établissement, mais a aussi déclaré que la dette pourrait être convertie en actions en cas de manque de capital, a été à l’origine de ces sursauts.
«La réaction de la banque de la fédération de Russie a permis d’éviter une crise bancaire, elle sera plutôt favorable aux investisseurs», estime Dimitri Barinov, gestionnaire spécialiste de la Russie à Francfort, cité par Bloomberg. «Mais elle ne présage rien de bon pour le système financier russe. Elle va renforcer la tendance a vouloir jouer la carte du ‘too big to fail’, et nul ne sait combien de banques devront être sauvées au cours des mois à venir». Si la banque centrale n’a pas hésité à retirer leur licence bancaire à un tiers des banques en exercice depuis 2014, il s’agissait de petits établissements. Otkritie fait au contraire partie des dix banques jugées systémiques à Moscou. D’autres sont donc sur la sellette.
Au mois d’août, Sergei Gavrilov, conseiller en investissement du gestionnaire d’actifs russe Alfa Capital, avait écrit queles banques privées Bank Otkritie FC, B&N Bank, Credit Bank of Moscow etPromsvyazbank, quatre des quinze plus gros prêteurs du pays en termes d’actifs, étaient susceptibles de connaître des difficultés et d’être mis en liquidation par la Banque de Russie. Celle-ci n’envisage manifestement pas de telles décisions, mais pourrait donc être amenée à payer pour d’autres établissements, qui, comme Otkritie, ont voulu grandir trop vite, profitant d’un boom du crédit stoppé net en 2014.
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