Les autorités espagnoles hâtent le processus de fusion des caisses d’épargne

Le groupe Caja Espana-Duero a confirmé hier avoir signé un préaccord de fusion avec la solide Unicaja, qui lui évitera une nationalisation partielle
Patrick Aussannaire

La fusion des caisses régionales espagnoles se poursuit. Le groupe Caja Espana-Duero, issu du mariage l’an passé entre les deux caisses du même nom, a confirmé hier avoir «signé un préaccord (…) en vue d’un éventuel processus d’intégration» avec Unicaja, union de caisses d’épargne d’Andalousie, restée jusqu’ici à l'écart des fusions. Cette fusion aurait la préférence de Caja Espana-Duero, qui avait pourtant déjà entamé des discussions avec une autre caisse, Mare Nostrum. Le préaccord prévoit qu’Espana-Duero détiendra environ 35% de la nouvelle entité et Unicaja environ 65%.

Unicaja est une des caisses d’épargne les plus solides d’Espagne, avec un ratio de fonds propres durs (core tier one) de 13,1%. Elle garde un accès au marché, il est vrai au prix fort: elle a réalisé en début de mois une émission de titres «cédulas» pour 500 millions d’euros à un an sans garantie de l’Etat, qui a été souscrite à 1,6 fois le montant initial émis par plus de 50 investisseurs institutionnels nationaux mais également étrangers, à hauteur de 47%. Le prix a été fixé à un niveau de 250 points de base au-dessus du taux de référence «mid-swap» à 5 ans. L’émission avait reçu, selon Unicaja, un Aaa de la part de Moody’s, alors que l’institution bénéficie d’une des notes les plus élevée du secteur: Aa3 par Moody’s et A par Fitch.

De son côté, Caja Espana-Duero affiche actuellement un taux de fonds propres durs de 8,2%, et aurait ainsi des besoins en capital de 463 millions d’euros pour se conformer aux nouvelles exigences du gouvernement espagnol. La Banque d’Espagne a en effet récemment relevé le niveau des fonds propres requis à 8% pour le ratio core tier one pour les banques cotées et 10% pour les banques non-cotées, sous peine de se faire nationaliser, à travers le Fonds de restructuration du secteur bancaire espagnol (Frob). Une fusion avec une des caisses les plus solides du secteur permettrait à Espana-Duero d’éviter d’avoir recours au Frob.

Alors que la chute des prix de l’immobilier a précipité la crise du secteur bancaire en Espagne, la Banque d’Espagne a indiqué ce week-end que le taux de créances douteuses avait grimpé de 5,8% en décembre à 6,1% à fin janvier. Les encours douteux atteignent 110,7 milliards d’euros dans le bilan des banques, en hausse de 3,5 milliards sur un mois, sur un total de prêts de 1.800 milliards.

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