Les autorités espagnoles hâtent le processus de fusion des caisses d’épargne
La fusion des caisses régionales espagnoles se poursuit. Le groupe Caja Espana-Duero, issu du mariage l’an passé entre les deux caisses du même nom, a confirmé hier avoir «signé un préaccord (…) en vue d’un éventuel processus d’intégration» avec Unicaja, union de caisses d’épargne d’Andalousie, restée jusqu’ici à l'écart des fusions. Cette fusion aurait la préférence de Caja Espana-Duero, qui avait pourtant déjà entamé des discussions avec une autre caisse, Mare Nostrum. Le préaccord prévoit qu’Espana-Duero détiendra environ 35% de la nouvelle entité et Unicaja environ 65%.
Unicaja est une des caisses d’épargne les plus solides d’Espagne, avec un ratio de fonds propres durs (core tier one) de 13,1%. Elle garde un accès au marché, il est vrai au prix fort: elle a réalisé en début de mois une émission de titres «cédulas» pour 500 millions d’euros à un an sans garantie de l’Etat, qui a été souscrite à 1,6 fois le montant initial émis par plus de 50 investisseurs institutionnels nationaux mais également étrangers, à hauteur de 47%. Le prix a été fixé à un niveau de 250 points de base au-dessus du taux de référence «mid-swap» à 5 ans. L’émission avait reçu, selon Unicaja, un Aaa de la part de Moody’s, alors que l’institution bénéficie d’une des notes les plus élevée du secteur: Aa3 par Moody’s et A par Fitch.
De son côté, Caja Espana-Duero affiche actuellement un taux de fonds propres durs de 8,2%, et aurait ainsi des besoins en capital de 463 millions d’euros pour se conformer aux nouvelles exigences du gouvernement espagnol. La Banque d’Espagne a en effet récemment relevé le niveau des fonds propres requis à 8% pour le ratio core tier one pour les banques cotées et 10% pour les banques non-cotées, sous peine de se faire nationaliser, à travers le Fonds de restructuration du secteur bancaire espagnol (Frob). Une fusion avec une des caisses les plus solides du secteur permettrait à Espana-Duero d’éviter d’avoir recours au Frob.
Alors que la chute des prix de l’immobilier a précipité la crise du secteur bancaire en Espagne, la Banque d’Espagne a indiqué ce week-end que le taux de créances douteuses avait grimpé de 5,8% en décembre à 6,1% à fin janvier. Les encours douteux atteignent 110,7 milliards d’euros dans le bilan des banques, en hausse de 3,5 milliards sur un mois, sur un total de prêts de 1.800 milliards.
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