Les autorités britanniques entendent priver leurs banques d’OPA hostiles
Londres se ferme aux OPA hostiles dans le secteur bancaire. La tutelle du secteur, la Financial Services Authority, va demander au gouvernement de lui accorder les pouvoirs lui permettant de bloquer les offres d’achat inamicales émanant de banques britanniques. «Dans une entreprise non financière, la première responsabilité du conseil d’administration est de maximiser la valeur pour l’actionnaire et de prendre des risques, a indiqué le président de la FSA Adair Turner dans un entretien au Wall Street Journal. Mais pour les banques, les conséquences d’une erreur sont un facteur extrêmement important à prendre en compte».
La FSA, dont les pouvoirs doivent être transférés d’ici à 2012 à la Banque d’Angleterre, peut déjà décourager des opérations de croissance externe en imposant à un acquéreur soumis à sa surveillance des ratios de fonds propres élevés. Mais elle ne dispose pas d’un droit de veto sur des opérations hostiles, qui ne permettent pas à l’acquéreur d’effectuer un travail d’investigation (due diligence) poussé. Un pouvoir qui eût été utile en 2007, lorsque RBS, aux côtés de Fortis et de Santander, a racheté et dépecé ABN Amro avec les conséquences catastrophiques que l’on sait pour la banque écossaise.
«Si nous faisions face aujourd’hui à une proposition de rachat d’un ABN Amro par un RBS, nous y mettrions probablement un terme», souligne Adair Turner. Mais la FSA de l’époque était adepte du laisser-faire. «En 2007, nous ne pensions pas que c’était notre rôle en tant que régulateur, mais je pense que nous avons changé», reconnaît le dirigeant, qui n’était alors pas à la manœuvre. La FSA doit publier en mars ou en avril un rapport d’enquête sur RBS et sur les raisons qui ont conduit la banque au bord du gouffre. C’est à cette occasion qu’elle formulera ses propositions d’évolutions réglementaires auprès du gouvernement.
Les propos d’Adair Turner sont en partie de pure forme. Lloyds Banking Group et RBS sont aujourd’hui nationalisées et dans l’impossibilité de lancer des OPA avant de nombreuses années. Et le précédent ABN Amro suffit à décourager les offres hostiles d’envergure, déjà rares dans le secteur. «Je vois mal des régulateurs autoriser des OPA inamicales impliquant des institutions jugées systémiques, estime un banquier français. Le statut de ‘Global Sifi’ pourrait être à l’avenir la meilleur des pilules empoisonnées».
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