Les assureurs se pressent sur le marché de la dette hybride
Avec 768 millions d’euros levés hier, La Mondiale est le dernier émetteur en date à sortir avant la mise en œuvre de nouvelles normes en janvier.
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Alexandre Garabedian
Dans un mois, il sera trop tard. Les assureurs se pressent depuis plusieurs semaines d’émettre sur le marché des emprunts subordonnés. Dernier groupe en date, La Mondiale a émis hier 768 millions d’euros d’obligations perpétuelles avec un premier call à décembre 2025, dans le cadre d’une offre d’échange. Les porteurs de deux lignes existantes ont amené mercredi à l’échange 235 millions d’euros sur un nominal de 481,7 millions, tandis que l’opération ouverte hier à l’ensemble des investisseurs a recueilli en matinée 1,5 milliard d’euros d’ordres et a permis d’abaisser le spread à l’émission de 420 à 405 points de base.
Comme Sogecap, Cardif ou CA Assurances, La Mondiale cherche à bénéficier de conditions de marché favorables, mais surtout à anticiper le passage aux normes Solvabilité 2. Les dettes subordonnées perpétuelles émises jusqu’au 12 janvier 2015 en normes Solvabilité 1 pourront bénéficier d’une clause de «grand-père» (grandfathering) qui leur permettra d’être considérées pendant dix ans au moins comme du capital tier 2, et avec une forte probabilité comme du tier 1, dans le calcul du ratio Solvabilité 2.
A partir du 12 janvier en revanche, l’incertitude est de mise, car les emprunts devront respecter le nouveau cadre réglementaire. «Pour les titres tier 2 en Solvabilité 2, les règles sont figées à 99,9%. En revanche, les caractéristiques détaillées des titres tier 1 n’ont été fixées que la semaine dernière, et les assureurs anticipent encore plusieurs mois de dialogue avec les régulateurs nationaux et européens pour comprendre la structuration et le fonctionnement exact de ces nouveaux instruments. On peut donc s’attendre en 2015 plutôt à des émissions de tier 2 que de tier 1», explique Charlie Morin, directeur origination DCM chez HSBC, qui a dirigé avec Deutsche Bank l’opération La Mondiale.
Les assureurs européens se sont donc acheté du temps ces dernières semaines. «Beaucoup de compagnies se sont couvertes contre le risque de refinancement en 2016 et 2017 de leurs dettes subordonnées en émettant dès à présent», souligne Charlie Morin. L’une des deux lignes visées par l’offre d’échange de La Mondiale avait ainsi une option de rachat anticipé en 2016. Pour les seules compagnies françaises, les volumes de dette subordonnée, surtout perpétuelle, levés en 2014, atteignent l’équivalent de 9,7 milliards d’euros, dont 6 milliards depuis mi-septembre, selon les données fournies par HSBC.
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