Les assureurs se mobilisent pour préserver l’épargne longue
Alors que l’assurance-vie pourrait être mise à contribution par Bercy dans le cadre de la réforme de la fiscalité du patrimoine, cette perspective suscite une levée de boucliers de la part des assureurs. «Il n’y a aucune raison que l’assurance vie soit traitée de façon discriminatoire. Je ne l’accepterai pas, les Français non plus», a martelé Bernard Spitz, président de la FFSA (Fédération française des sociétés d’assurances), à l’occasion vendredi d’un point avec la presse. «Je ne pense pas que les choses soient tranchées» du côté de Bercy, a-t-il poursuivi.
Ces inquiétudes interviennent en outre dans un contexte où l’assurance vie en France a enregistré un nouveau recul de 15% de sa collecte brute en février, après des replis de 4% et 11% en décembre et janvier, par rapport il est vrai à des bases élevées début 2010. «Il s’agit du troisième mois consécutif de recul. Cela n’est jamais arrivé», a relevé Bernard Spitz, affirmant que les Français diffèrent leur décision d’épargner dans un contexte d’attentisme face aux conclusions de la réforme.
La FFSA a tenu à rappeler le rôle crucial, dans le financement de l’économie, des entreprises et de la retraite, des produits d’assurance vie, qui représentent 57% de l’épargne longue française, soit 1.500 milliards d’euros. Ainsi, une décollecte de 150 milliards d’euros sur l’assurance vie engendrerait la remise sur le marché de 50 milliards d’obligations d’entreprises et 30 milliards d’actions, ainsi que 20 milliards de dette publique française et 20 milliards de dette publique d’autres pays européens, a illustré Bernard Spitz. Selon ce dernier, «cette hypothèse de décollecte, représentant 10% des actifs placés, est réaliste et pourrait même constituer une fourchette basse».
Par ailleurs, selon les assureurs, relever la fiscalité de l’assurance vie n’est en rien la solution pour neutraliser l’effet de la réforme de l’ISF sur les finances publiques. Selon les estimations de la FFSA, «une hausse d’un point du prélèvement libératoire sur l’assurance vie ne rapporterait par exemple que 30 millions d’euros à l’Etat», qui doit trouver un milliard d’euros, a souligné Bernard Spitz.
Alors que Bercy a avancé l’idée d’une taxation des plus hauts portefeuilles, à savoir ceux supérieurs à 1,3 milliard d’euros, «dresser les épargnants les uns contre les autres, avec les bons d’un côté et les mauvais de l’autre, serait la dernière chose à faire», a estimé le président.
Plus d'articles du même thème
-
Eni affiche des performances trimestrielles en demi-teinte
Le recul des résultats du groupe italien d’hydrocarbures est contrebalancé par la forte augmentation de son programme de rachats d’actions. -
Les fonds obligations internationales à la loupe #163
Les fonds obligataires internationaux avec une approche flexible tirent leur épingle du jeu dans un environnement chahuté. -
La Cour des comptes sonne la charge contre les niches fiscales qui minent la lisibilité de l’impôt
Toujours plus coûteuses et de moins en moins lisibles, les niches fiscales s’imposent comme un angle mort des finances publiques. La Cour des comptes pointe dans un nouveau rapport des failles persistantes dans leur suivi et appelle à enrayer leur progression.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- CNP Assurances se lance dans l’assurance vie 100% en ligne
Contenu de nos partenaires
-
Seine colèreEmmanuel Gregoire met les propriétaires sous surveillance avec une « brigade du logement »
Multiplication des logements sociaux, surtaxation des résidences secondaires, encadrement drastique des meublés touristiques : la politique à gauche toute du nouveau maire de Paris vire à l'obsession -
A Chypre, le choc énergétique continue de hanter les Européens
Les mesures présentées par la Commission européenne n’ont pas suffi à dissiper les craintes des dirigeants européens -
Location des passoires thermiques : le gouvernement rétropédale enfin
Surprise ! Un grand projet de loi Relance du logement est finalement dans les tuyaux, a annoncé jeudi soir le Premier ministre