Les assureurs pâtissent de la fonte du rendement de leurs placements
Entre fin 2006 et fin 2008, le taux de rendement moyen du portefeuille obligataire détenu par les assureurs vie français a accusé un repli voisin de 50 points de base. C’est ce qu’avance une étude de l’Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles (Acam) de la Banque de France (BdF) sur les «évolutions récentes de la structure des placements des assureurs», et publiée dans le dernier bulletin mensuel de la BdF.
La baisse de la rémunération des obligations provient «principalement» du remplacement de titres anciens au rendement élevé parvenus à échéance par des titres au rendement inférieur. L’analyse menée sur un échantillon de 36 % des portefeuilles montre que la proportion des obligations assorties d’un taux de rendement compris entre 4 % et 5 % a «nettement augmenté» (voir graphe), mais que celle des titres rapportant plus de 5 % a enregistré une «forte réduction».
Or, une fois pris en compte les titres détenus au travers d’OPCVM, l’obligataire représentait en fin d’année dernière 68,2 % des portefeuilles des assureurs, 94 % avec une échéance de long terme. Une contrepartie des engagements des assureurs en termes de rémunération des épargnants.
De quoi alerter l’Acam, «attentive à ce que les revalorisations accordées aux assurés vie restent compatibles avec les possibilités financières des organismes contrôlés» selon son dernier rapport annuel. En clair, les assureurs devront faire preuve de réalisme et ne pas séduire les épargnants par des taux garantis susceptibles de mettre en péril leur solidité. Signe des temps, l’Acam a d’ailleurs imposé à BforBank, la banque en ligne du Crédit Agricole, de ne pas garantir de taux sur son contrat en euros.
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