Les assureurs français expriment toujours de vives inquiétudes sur Solvabilité 2
Les craintes des assureurs français à l’égard de la directive Solvabilité 2 sont toujours aussi vives. «J’étais inquiet et je le suis encore plus maintenant», a déclaré hier Michel Dupuydauby, directeur général de la MACSF, lors d’une conférence organisée dans le cadre du salon Décid’Assur à Paris. La publication la semaine dernière des résultats du QIS 5 (cinquième étude quantitative d’impact) était pourtant de nature à rassurer le secteur. Selon l’Autorité européenne de supervision des assureurs, l’Eiopa, l’excédent de capital des assureurs ressort ainsi à 395 milliards d’euros pour la nouvelle exigence cible de capital (SCR) et à 676 milliards pour le seuil minimal de capital requis (MCR). «Il faut lire les résultats du QIS 5 dans leur intégralité, nuance cependant Antoine Lissowski, directeur financier de CNP Assurances. L’Eiopa a communiqué sur l’énorme excédent de capital du secteur, mais celui-ci a fondu par rapport au QIS 4 et une partie non négligeable des compagnies n’atteint pas le seuil de 100%.»
Les compagnies pointent du doigt la forte volatilité en termes d’exigences de fonds propres en raison de la sensibilité du modèle à l’évolution des marchés financiers. «Le QIS 5 a été fait sur la base des résultats 2009, quand les taux d’intérêt étaient bas, note Michel Dupuydauby. Il n’est pas sûr que les chiffres soient aussi favorables sur l’exercice 2010 quand les taux ont remonté.» De fait, chez CNP Assurances, en appliquant le QIS 5, le taux de marge de solvabilité ressort à 200% à fin 2009 mais il chute à 160% sur la base des résultats 2010. «On peut se demander si Solvabilité 2 n’est pas lui-même un risque systémique», a ajouté Antoine Lissowski.
Les assureurs ne sont guère plus enthousiastes sur les mesures transitoires prévues dans le cadre de la directive «Omnibus 2». «Ce texte permet seulement au Parlement européen de voter de telles mesures transitoires, nuance Michel Dupuydauby. La question est de savoir jusqu’à quel point ira le Parlement.» Or, le calendrier est particulièrement serré, les eurodéputés devant voter ce texte d’ici fin juin. «Mais s’ils votent fin novembre, tout le calendrier sera décalé», a indiqué Yanick Bonnet, responsable vie et finances au Gema. Un report qui laisserait alors peu de temps aux assureurs pour être prêts au 1er janvier 2013, date d’entrée en vigueur de Solvabilité 2.
Plus d'articles du même thème
-
Franklin Templeton lance un nouveau fonds en Europe
La société de gestion américaine dévoile le FTGF Putnam Global Research Fund. -
Prépar-Vie sélectionne une plateforme technologique pour ses opérations d’investissement front-to-back
L'opération doit permettre à l'assureur de simplifier ses opérations d’investissement et de rationaliser le reporting de son actif général et de ses investissements en unités de compte au sein d’une plateforme unique. -
L'enquête interne de Malakoff Humanis éclaire le rôle d'un intermédiaire dans sa délégation de gestion
La société de conseil Thomas Vendôme Investment a obtenu contractuellement plus de 22 millions d'euros de commissions de la part de gérants retenus par Malakoff Humanis, selon de nouveaux documents révélés par Mediapart.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- L’inquiétante correction des marchés de taux
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
Contenu de nos partenaires
-
La nouvelle IA : l’Intelligence Artisanale au service de la main
Au sein de l’entité du 19M, l’écosystème des savoir-faire des métiers d’art de Chanel, on prône une nouvelle forme d’IA : l’intelligence artisanale. Rencontre avec Mathieu Bassée qui nous fait découvrir Studio MTX, l’une de ses pépites encore confidentielles. -
La fin de l'accord migratoire franco-britannique fragilise le gouvernement d'Andy Burnham
Si l'accord migratoire « One in, one out » a eu une portée limitée sur le nombre de traversées de la Manche, l’opposition britannique pourrait se saisir de son abandon, voulu par la France, pour attaquer l'exécutif -
Sublimer l’infiniment petit
Pour une Maison fondée en 1755, la préservation des savoir-faire pourrait consister à regarder vers le passé. Chez Vacheron Constantin, c’est tout l’inverse. La manufacture genevoise les met à l'épreuve, tout en les confrontant à de nouveaux terrains d’expression.