Les assureurs européens ont fortement réduit leur levier d’endettement
Dans un rapport publié hier, Moody’s constate que la majorité des plus grands assureurs européens ont réduit leur levier financier entre 2007 et 2012. Une tendance qui devrait se poursuivre dans les prochains trimestres, «la plupart des assureurs souhaitant utiliser une partie de leur trésorerie excédentaire pour réduire leur stock de dette, plutôt que de la reverser aux actionnaires».
Cette tendance reflète, selon l’agence, «leur attitude plus conservatrice en termes de gestion du capital, due à l’incertitude économique, notamment en Europe continentale», mais également des résultats pour l’ensemble du secteur qui restent bien inférieurs à leurs niveaux d’avant la crise. Pourtant, Moody’s met également en avant la nature de la dette des assureurs orientée vers le long terme, avec «peu de risques de refinancement à court terme».
Parmi les sociétés analysées, Aegon a enregistré la plus forte réduction de son levier financier, sous l’effet d’une forte reprise de la valeur de ses titres, qui est néanmoins plus le fait de mouvements positifs de revalorisation que d’une réduction du montant de sa dette. En juin, l’assureur a annoncé son intention de réduire son levier financier entre 26% et 30%, après avoir amélioré sa couverture des charges fixes de 2,9 fois en 2011 à 5,8 fois fin 2012. «Nous anticipons une poursuite de cette amélioration à moyen terme, Aegon souhaitant refinancer 1,1 milliard d’euros de dette senior arrivant à maturité en 2013 et 2014», estime Moody’s.
A l’inverse, Aviva a connu la plus forte détérioration de son levier, qui est passé de 23% en 2007 à 35% en 2012, du fait de la forte chute des actions consécutive aux pertes enregistrées en 2012 sur des cessions d’actifs. L’assureur prévoit néanmoins de réduire son ratio de dette sur capital à moins de 40%, contre 50% en 2012, en partie grâce à un objectif de contraction de sa dette d’environ 500 millions de livres à moyen terme. Son ratio de couverture est resté faible à 1,5 fois fin 2012 (contre 11 fois pour Prudential et 8 fois pour Zurich), ce qui traduit «les pressions sur le potentiel de rentabilité du groupe, et l’impact négatif des coûts de restructuration», selon Moody’s.
L’agence estime en outre que la structure du capital d’Aviva et Generali est plus exposée que celle de ses rivaux à la dette subordonnée, ce qui rend ainsi la qualité de leurs capitaux propres moins solides.
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