Les assureurs européens donnent la priorité à la distribution de dividendes
Malgré la baisse des taux d’intérêts, les assureurs européens n’oublient pas leurs actionnaires. Dernier en date, Swiss Life a annoncé vendredi une hausse de 5,5 à 6 francs de son dividende, soit une hausse de 18% nettement plus marquée que celle de 4% de son bénéfice net. Symbole des attentes croissantes du marché, cette augmentation a néanmoins déçu les analystes, tout comme la hausse de 5,3 à 6,85 euros communiquée la veille par son concurrent allemand Allianz, qui a ainsi laissé inchangé son taux de distribution, relevé à 50% en novembre dernier.
La veille, son poursuivant direct en Europe, Axa, a à l’inverse surpris les opérateurs en augmentant son taux de distribution de 5 points de pourcentage, à 45%. CNP a de son côté choisi de maintenir son dividende à 0,77 euro, soit un taux de distribution en légère hausse à 49% du fait de la hausse du nombre d’actions. Generali, qui publie ses résultats le 12 mars, affichait déjà un taux de distribution de 50% au titre de 2013.
Cette tendance à la hausse des taux de distribution intervient dans un environnement pourtant difficile pour l’assurance-vie. Pour contrer les effets de l’écrasement des taux sur les marges des produits en euros, ces derniers misent sur l’essor des produits en unités de compte. Le secteur bénéficie néanmoins de facteurs favorables. «Grâce à la faible inflation en Europe, les assureurs non-vie enregistreront une baisse du montants des remboursements, de meilleurs ratios combinés ainsi que des ROE plus élevés et plus stables», notaient ainsi mi-janvier les experts de JPMorgan. «Cela leur permettra d’augmenter leur dividende, et potentiellement aussi leur ratio de distribution», concluaient-ils.
Si la norme de marché pour le taux de distribution tend vers 50%, certains acteurs affichent des taux nettement plus élevés, à l’image du danois Tryg, qui affiche un ratio supérieur à 100% depuis 2012. Une performance qui tient à des programmes de rachat d’actions successifs, dont le dernier en date a été initié début janvier pour un montant de 1 milliard de couronnes (134 millions d’euros). Alors que les analystes de JPMorgan tablaient sur l’annonce d’un programme de rachats par Zurich Insurance, l’assureur suisse s’est contenté de maintenir la rémunération à 17 francs par action tout en réaffirmant «la priorité» donnée aux dividendes. Du fait de la baisse de ses profits, son taux de distribution est monté à 71%.
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