Les assureurs britanniques acceptent de revoir leurs fonds de pension
L’Office of Fair Trading (OFT) a obtenu des assureurs qu’ils réforment le marché des fonds de pension d’entreprises à contribution définie. Dans une étude publiée hier, l’équivalent britannique de la DGCCRF a identifié plusieurs dysfonctionnements. «Les épargnants n’en ont pas toujours pour leur argent», écrit l’OFT.
Le marché couvre environ 5 millions d’individus au Royaume-Uni, pour des encours estimés à 275 milliards de livres (326 milliards d’euros). L’OFT estime que le nombre de bénéficiaires pourrait atteindre 9 millions en 2018, à la suite du vote de la loi sur l’«auto-enrolment» en octobre 2012, rendant obligatoire l’inscription de tout salarié âgé de 22 ans et plus.
Parmi les griefs formulés, l’OFT souligne la complexité des contrats, qui empêche salariés comme employeurs de faire les bons choix concernant leurs retraites. En outre, «l’OFT a découvert que les employeurs, qui ont la responsabilité de choisir le plan pour leurs employés, ne sont souvent pas en mesure, ou ne sont pas incités, à évaluer le rapport qualité-prix des plans. Ce problème risque d’enfler avec l’inscription obligatoire, qui concernera aussi les petits employeurs, aux ressources limitées», indique l’autorité.
Deux catégories de plans souffrent de très faibles rendements: les anciens grands contrats, fortement commissionnés, et les bundled-trust schemes (dans lesquels la société fiduciaire qui fournit le plan en est également le gérant), ainsi que certains plans plus petits, où les sociétés fiduciaires sont peu impliquées et qui manquent de moyens. Ils représentent respectivement 30 et 10 milliards de livres, soit 15% du marché. Les contrats antérieurs à 2002 affichent des frais de gestion particulièrement élevés.
Certains observateurs anticipaient la mise en place d’un plafond pour les frais. Il n’en a rien été, mais le TPR (The Pensions Regulator), qui réglemente les plans de retraite en entreprises, a accepté d’identifier les petits contrats à faible rendement. De nouveaux pouvoirs pourraient lui être conférés pour mener à bien cette tâche. De même, l’Association des assureurs britanniques s’est engagée à auditer les grands contrats incriminés et à créer des comités indépendants pour suggérer des réformes.
Le directeur général de l’OFT Clive Maxwell a toutefois laissé planer la menace si ces mesures ne donnaient pas satisfaction. «Nous n’en sommes pas là pour le moment. Mais un plafond se révélera peut-être la seule solution», a-t-il indiqué.
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