Les assureurs automobiles en Italie veulent assainir leur branche
Rome s’attaque au coût de l’assurance automobile. Dans un pays où le coût moyen d’une police, estimé à 400 euros par an, représente le double de la moyenne européenne, selon le gouvernement, un projet de réforme pourrait être voté dès février. Il s’appuie sur les propositions formulées le 29 décembre dernier par l’Isvap, l’autorité de tutelle des assureurs, qui estime pouvoir abaisser de 15 à 18% le coût des polices de responsabilité civile auto tout en assurant l’équilibre technique de la branche.
Si la baisse espérée des tarifs est a priori défavorable aux assureurs, les observateurs attendent en parallèle une réduction du nombre et du coût des sinistres. De quoi assainir une activité aujourd’hui très difficile, source de pertes chez le leader Fondiaria Sai. Les projets de réforme «constituent une bonne nouvelle pour le secteur et notamment pour les acteurs majeurs de l’assurance auto que sont Fondiaria Sai, Milano Assicurazioni et Unipol», relève Marco Cavalleri, analyste chez Banca Akros. Groupama, dont la filiale italienne a encaissé 558 millions d’euros de primes dans la branche dommages au premier semestre 2010, est aussi concerné.
Le projet fait en effet la part belle à la lutte contre la fraude aux assurances, aussi bien pour la souscription (des compagnies «fantômes» et non agréées proposent des polices à prix cassé) que pour l’indemnisation. Le mal est endémique en Italie. L’Isvap a chiffré son coût à 314 millions d’euros en 2009 pour 83.000 sinistres jugés frauduleux, soit 2,5% du total des sinistres déclarés et 2,4 % des indemnisations versées, avec des pointes à près de 10% dans la région de Naples. Une agence antifraude pour le secteur des assurances devrait ainsi voir le jour. Elle s’appuiera sur un fichier des sinistres mis en place au 1er janvier 2011. Le gouvernement Berlusconi, les compagnies et leur tutelle sont sur la même longueur d’onde.
Le gendarme des assureurs recommande également l’élaboration d’une norme pour harmoniser le coût des dommages corporels graves. Pour un même sinistre, des différences d’indemnisation de 100.000 euros ont été relevées suivant le tribunal où était jugée l’affaire – le problème est également bien connu en France depuis de nombreuses années.
En revanche, pour stimuler la concurrence, la tacite reconduction des contrats pourrait être supprimée.
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