Les acteurs du crédit hypothécaire américain se renvoient la balle des responsabilités
Les Etats-Unis n’en finissent pas de sonder les coulisses du marché du crédit hypothécaire afin d’identifier les causes de ses tourments et de mettre en œuvre un système solide. Dernière mise au point en date, l’inspecteur général en charge de la supervision du régulateur de Fannie Mae et de Freddie Mac, la Federal Housing Finance Agency (FHFA), a publié un rapport mettant en cause les conditions de l’accord conclu en janvier dernier précisément entre Freddie Mac et Bank of America et portant sur le rachat de 800.000 prêts à Countrywide Financial.
L’agence de crédit hypothécaire, en ne respectant pas scrupuleusement les instructions de la FHFA (créée en 2008 dans le sillage de la nationalisation des agences) sur les procédures de contrôle à mettre en œuvre, n’aurait pas garanti ses intérêts, ni donc par ricochet ceux du contribuable américain. Plus généralement, Freddie Mac pâtirait de contrôles insuffisants concernant le rachat de crédits aux banques. Ces dernières s’engagent à racheter les crédits qui n’auraient pas respecté un strict cahier des charges, particulièrement lorsqu’il s’avère que l’emprunteur final fait défaut. Depuis début 2008 jusqu’au 30 juin dernier, Freddie Mac a obtenu le rachat de près de 15 milliards de dollars de prêts en défaut que les banques lui avaient cédés pour refinancement.
Mais la passivité de l’agence, selon le propre terme de la FHFA, l’a empêchée de réclamer des milliards de dollars auprès des banques. Dans le rapport publié hier, l’inspecteur général craint que Freddie Mac ait fait preuve de laxisme afin de préserver de bonnes relations de travail avec ses principaux interlocuteurs comme BoA. La semaine dernière, l’inspecteur général de la FHFA avait déjà fustigé dans un autre document le manque de moyens humains du régulateur.
Pourtant, les pouvoirs publics sont bien loin de rester inertes face aux banques. Début septembre, la FHFA a formellement engagé des poursuites à l’encontre de dix-sept d’entre elles au sujet de pertes subies par les agences de refinancement sur des portefeuilles de crédit d’un montant cumulé de 196 milliards de dollars. KBW estime que ces procès seuls pourraient coûter jusqu’à 60 milliards aux banques incriminées. La riposte évidente de ces dernières consiste alors à se lamenter que de telles attaques ne pourront que les contraindre à resserrer davantage encore les conditions de crédit aux particuliers.
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