L’environnement de taux et de change pèse sur la liquidité de Dexia
Taux bas et évolution de la parité franc suisse/euro affectent Dexia de manière contrastée. Si la baisse des taux directeurs de la BCE a réduit le coût de financement du groupe, ces facteurs entraînent une augmentation du besoin de liquidité de la banque. Le groupe doit en effet renforcer le cash collatéral net versé à ses contreparties sur son gros portefeuille de produits dérivés. Ce cash collatéral a ainsi été porté à 36 milliards d’euros le mois dernier, soit une augmentation de 15 milliards depuis la fin 2013 et de 5 milliards comparé à fin 2014. Dans le même temps, la banque, en situation de résolution ordonnée et détenue à 95% par les Etats français et belge, doit amortir d’importantes tombées de financement.
Pour faire face à cette situation, l'établissement, qui a essuyé une perte de 606 millions d’euros au titre de 2014 (-248 millions pour le résultat net récurrent), indique avoir mené une activité de refinancement dynamique. Dexia a émis 6 milliards d’euros de financements à long terme garantis par les Etats, dont 4 milliards d’euros sous la forme d'émissions publiques et 2 milliards d’euros via des placements privés. L’accent a également été porté sur les financements sécurisés de marché. Leur encours progresse pour atteindre 10,6 milliards d’euros.
Ainsi, la banque souligne avoir constitué, dès le premier trimestre 2014, une réserve de liquidité à hauteur de 12,6 milliards d’euros. «Réduit à 2 milliards d’euros fin 2014, ce coussin de sécurité a permis de gérer l’arrivée à échéance fin 2014 d’une partie des encours de dette garantie souscrits par Belfius (2,9 milliards d’euros sur un total de 12,8 milliards) ainsi que des dernières dettes garanties émises sous la convention 2008 (9,8 milliards d’euros)», précise le groupe en référence à son premier sauvetage, à l’automne 2008.
Mais l’horizon reste incertain. Dans son communiqué, Dexia souligne la sensibilité du plan d’affaires à l'évolution de l’environnement macroéconomique. «Une baisse de 10 points de base des taux d’intérêts sur la totalité de la courbe entraînerait une hausse de l’ordre de 1,1 milliard d’euros du besoin de liquidité du groupe sur les deux prochaines années, liée à la progression du cash collateral», détaille-t-il. Les exercices 2015 et 2016 sont donc jugés «à risque» de ce point de vue, l’excédent de liquidité ayant été fortement entamé fin 2014 et début 2015.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien