L’enquête sur le suicide du directeur financier de Zurich dédouane Josef Ackermann

Pierre Wauthier, qui s’est donné la mort en août, n’a pas été soumis à une pression excessive, conclut l’enquête diligentée par la Finma
Antoine Duroyon

Selon des investigations ordonnées par la Finma, l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, Josef Ackermann n’a pas fauté. L’ancien président du conseil d’administration de Zurich apparaissait dans une des notes laissées par le directeur financier qui s’est donné la mort à son domicile de Zoug en août dernier.

Pierre Wauthier y évoquait des relations conflictuelles avec l’ex-patron de Deutsche Bank, lequel a démissionné trois jours après le drame pour préserver la réputation du groupe. Confiée au cabinet zurichois Homburger, l’enquête n’a pas permis de déceler la moindre trace de «pression indue» ou de conduite inappropriée de la part de la direction de l’assureur.

Dans un communiqué, la Finma précise que cet examen a porté sur de nombreux documents, courriers ou emails et entraîné l’audition de collaborateurs qui ont travaillé avec Pierre Wauthier. «Nous sommes profondément attristés de la perte de Pierre Wauthier et nous sommes incapables d’expliquer les motivations derrière cette décision tragique. L’enquête de la Finma a été conduite avec le soutien et la pleine coopération de Zurich», a commenté Tom de Swaan, le successeur de Josef Ackermann.

Une deuxième enquête, prise en charge par PricewaterhouseCoopers, le commissaire aux comptes de Zurich, a de plus écarté toute irrégularité commise lors de la préparation et de la publication des résultats financiers. Au deuxième trimestre, l’assureur a déçu les attentes des analystes et admis qu’il serait plus difficile pour lui d’atteindre ses objectifs à trois ans d’ici la fin de 2013, tout particulièrement pour ses activités américaines et d’assurance générale.

D’après le magazine Bilanz qui dit se référer à la note de Pierre Wauthier, Josef Ackermann aurait fermement demandé à ce que le communiqué fasse mention de ces difficultés. Afin de compenser l’impact d’un environnement prolongé de taux bas, l’assureur s’était alors dit prêt à explorer des investissements plus risqués tels que l’immobilier commercial ou la dette souveraine de pays périphériques.

Selon les analystes de J. Safra Sarasin, l’établissement devrait faire un point d’étape sur ce plan d’objectifs lors d’une journée investisseurs le 5 décembre. Ils s’attendent en outre à ce que Zurich communique une nouvelle série d’objectifs pour la période 2014-2016. Le groupe doit publier ses résultats du troisième trimestre le 14 novembre prochain.

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