Le Trésor américain poursuit son désengagement de l’assureur AIG
L’assureur American International Group est depuis plus de trois ans un boulet pour les Etats-Unis. Bien qu’encore fort encombrant, il perd peu à peu du poids. Dernière étape en date, dans le sillage de la publication par AIG la semaine dernière de résultats trimestriels en nette hausse et supérieurs aux attentes, l’annonce par le Trésor d’une nouvelle cession de titres. L’opération doit permettre à Washington de réduire de sept points sa part au capital de l’assureur, à 63%, pour une collecte de quelque 5 milliards de dollars au bénéfice du contribuable.
Début 2011, le Trésor détenait 92% des titres ordinaires de l’assureur. Il met en vente cette semaine, avec le soutien d’un bataillon de banques (BoA Merrill Lynch, Citigroup, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan, Barclays, Macquarie, UBS et Morgan Stanley), 163,9 millions d’actions au prix unitaire de 30,50 dollars. Soit une ristourne de 7% sur le cours de clôture de vendredi dernier.
Tirant parti de conditions de marché favorables pour le titre, en hausse de 42% en 2012, le Trésor poursuit ainsi le solde d’un lourd héritage, après avoir engagé 182 milliards de dollars à l’occasion du sauvetage de l’assureur en 2008. Comme lors de deux précédentes ventes de titres en mai 2011 et en mars 2012, chacune au prix de 29 dollars par titre, le Trésor respecte le seuil nécessaire à une opération neutre financièrement, qu’il estime se situer à 28,72 dollars par action. Secrétaire au Trésor adjoint à la stabilité financière, Tim Massad s’est donc félicité des «progrès significatifs» accomplis dans la procédure de sortie du capital d’AIG. Il estime pouvoir «garder espoir que le contribuable puisse finalement recouvrer chaque dollar investi dans la société, ce à quoi peu d’observateurs auraient pu s’attendre au plus fort de la crise financière».
AIG, qui règlera la facture établie par les banques organisatrices de l’opération, s’est engagé à se porter acquéreur de 2 milliards de dollars des titres mis en vente par le Trésor. Les analystes de JPMorgan estiment que le groupe devrait se montrer capable de poursuivre ses cessions d’actifs, comme celle du loueur d’avions ILFC ou le désengagement partiel d’AIA en Asie. AIG a, il est vrai, pour ambition de restituer 30 milliards de dollars à ses actionnaires d’ici à fin 2015.
Plus d'articles du même thème
-
Horse Powertrain prévoit de s’implanter sur le marché indien
La coentreprise entre Renault et Geely veut tirer parti d’un assouplissement fiscal destiné à favoriser la vente de véhicules compacts dans le pays le plus peuplé du monde. -
Les entreprises s'organisent pour passer de l’expérimentation de l’IA à l’industrialisation
Evaluer la maturité de l’entreprise, construire une gouvernance IA solide, s’appuyer sur un conseil d’administration éclairé constituent des gages de la réussite. -
La BCE devrait encore donner sa chance à une désescalade
Après leurs discours très restrictifs du mois de mars, une majorité de gouverneurs ont communiqué dans le sens d’un statu quo pour la réunion monétaire du 30 avril. Même si l’annonce d’un cessez-le-feu n’a toujours pas permis de débloquer le détroit d’Ormuz et de diminuer les prix du pétrole.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
Contenu de nos partenaires
-
Un fauteuil pour deuxFrançois Hollande ou Raphaël Glucksmann, le dilemme qui monte au PS
Ce lundi, le leader de Place publique doit rencontrer Olivier Faure avec une question simple en tête : à qui ira sa préférence pour la présidentielle ? D’un côté, un ancien président contre lequel le PS d’après 2017 s’est reconstruit. De l’autre, un leader fort de son score aux européennes, mais toujours pas socialiste d’appellation contrôlée -
Tout compte faitCAN, Coupe du monde de football : qu'y a-t-il derrière les projets vitrines du Maroc ?
L'Etat marocain voit ces grands événements comme des accélérateurs de développement. Mais il faudra encore prouver qu'ils répondent aux besoins du pays, après les grandes manifestations de la Gen Z 212 en octobre. -
EditorialLe livre et la lecture, un paradoxe français
L'effondrement de la lecture chez les jeunes n’est pas le moindre des paradoxes, dans un pays où le livre est à ce point fétichisé dans le monde politico-médiatique