Le trading de taux fait trembler Citigroup sur fond de contrôle des coûts

Le résultat net ajusté du troisième trimestre est stable en dépit d’une chute de 26% des revenus du courtage de produits de taux
Benoît Menou

A la veille de fêter son premier anniversaire en tant que directeur général de Citigroup, Michael Corbat a souhaité hier confirmer le cap de la rigueur à l’occasion de la présentation de résultats du troisième trimestre inférieurs aux attente. «Nous nous sommes relativement bien comportés dans un environnement macroéconomique délicat», a indiqué le dirigeant, selon lequel «si nous ne pouvons pas contrôler un grand nombre de facteurs influençant nos revenus, nous pouvons assurément contrôler nos coûts». Le successeur de Vikram Pandit s’est dit «satisfait» de la «discipline» respectée à ce sujet.

La banque américaine n’a pourtant pas dévoilé hier de nouvelles mesures concernant sa cure de rigueur, passant par la suppression de 11.000 postes annoncée par Michael Corbat, qui vise des économies de 900 millions de dollars cette année. Les actifs de Citi Holdings, l’entité regroupant les actifs à céder, ont fondu de 29% sur un an à fin septembre à 122 milliards de dollars pour représenter 6% de ceux du groupe, trois points de moins qu’il y a un an.

Mais ces progrès n’ont pas détourné l’attention des observateurs du recul attendu de l’activité en trading de taux. Comme ses concurrentes, Citigroup a été pénalisée par l’attentisme des investisseurs face aux décisions de la Réserve fédérale américaine concernant son programme massif de rachat d’actifs. Le courtage de produits de taux de Citigroup a dans ce contexte subi une chute de 26% de ses revenus à 2,8 milliards de dollars. La semaine passée, JPMorgan a fait état d’un repli de 8% à 3,4 milliards. La progression chez Citigroup côté trading actions (+36% à 710 millions) n’a pas permis de compenser l’atonie sur les taux, renforcée notamment par une baisse de 10% des revenus de banque d’investissement à 839 millions.

Le produit net bancaire ajusté du groupe de 18,2 milliards de dollars a ainsi abandonné 5% en tenant compte de la cession l’an passé des 35% détenus dans Morgan Stanley Smith Barney. Les charges d’exploitation sont en retrait de 4% à 11,7 milliards. Le résultat net ajusté ressort ainsi stable à 3,26 milliards contre un bénéfice de 3,27 milliards l’an passé qui excluait une perte avant impôt de 2,9 milliards liée à la cession de la participation au capital de MSSB. Citigroup affiche à fin septembre un ratio tier 1 Bâle 3 de 10,4%, en progression de 0,4 point sur le trimestre écoulé.

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