Le sort de Barclays France est en suspens
Lassé, Barclays aurait décidé de vendre ses activités de détail en France. Selon Les Echos, l’établissement britannique aurait mandaté BarCap, sa banque d’investissement, pour trouver un acquéreur. Outre la banque de détail, sont concernés l’assurance, la gestion d’actifs et le crédit-bail. L’ensemble serait valorisé 200 millions d’euros environ. En revanche, l’activité de financement des PME et la banque d’investissement seraient exclues du périmètre en vente. Selon le quotidien, la Banque Postale et HSBC seraient sur les rangs.
Sans démentir, les acteurs cités ont qualifié l’hypothèse de «rumeur de marché». Cela dit, elle ne doit pas surprendre. «C’est un sujet récurrent pour eux», confirme un banquier dont l’établissement est proche de BarCap. Le groupe avait déjà tenté de céder le pôle d’assurances en 2010, sans succès. En effet, les activités concernées, peu voire pas rentables, ne répondent guère aux espérances. Positionnée sur la clientèle haut de gamme, Barclays reste loin derrière HSBC France (concurrent le plus proche en termes de stratégie), qui s’est bâti grâce à l’acquisition du CCF en 2000 et revendique plus de 800.000 clients particuliers.
En outre, les futures règles de Bâle 3 conduisent les établissements à être très sélectifs dans l’allocation de leurs fonds propres. Les activités de Barclays France concernées mobiliseraient 250 millions d’euros de capitaux propres.
Il reste à convaincre un candidat. «Dans ce type de cas, il n’y a pas de secret: le repreneur devra couper complètement les coûts», souffle un banquier. En clair, l’intérêt de l’acquisition réside surtout dans le portefeuille de clients, même si le sort des conseillers du segment haut de gamme serait probablement traité avec attention. Barclays Bank en France emploie environ 1.500 personnes.
Positionné dans le haut de gamme, Barclays France revendique 170.000 clients, dont 65.000 lui confient plus de 50.000 euros d’avoirs. Un intérêt de HSBC serait logique et l’intégration plus simple. La Banque Postale cherche elle à se développer vers des segments de clientèle générateurs de marge. Parmi ses clients, 10.000 possèdent un patrimoine liquide supérieur à 250.000 euros. C’est pourquoi elle a noué un partenariat en gestion privée avec Oddo. Mais elle n’en est pas totalement satisfaite, alors que l’accord arrive à terme en 2013. Cela dit, la réaction des clients de Barclays face à cette perspective est difficile à prévoir.
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