Le Sénat alourdit en partie la fiscalité de l’assurance vie
Les Sénateurs ouvrent la boîte de Pandore. La commission des Finances du Sénat a adopté hier un amendement au projet de loi de Finances qui, s’il était définitivement voté, aboutirait à une fiscalité à deux vitesses pour l’assurance vie et ses quelque 1.300 milliards d’euros d’encours. Le texte propose en effet d’imposer à 8,5% les contrats souscrits à compter du 1er janvier 2011 et détenus depuis plus de 8 ans. Le taux de prélèvement forfaitaire libératoire est de 7,5% aujourd’hui au bout de 8 ans, contre 15% entre 4 et 8 ans et 35% avant.
En contrepartie, les sénateurs proposent de ramener le taux à 5,5% pour les contrats «dont les actifs seraient constitués d’au moins 15% d’unités de compte actions de sociétés françaises ou européennes». Ce taux réduit ne serait cependant applicable qu’au bout de 10 ans de détention minimale, au lieu des 8 ans actuels.
Le sénateur Philippe Marini, dans son exposé des motifs, estime que l’amendement dont il est à l’origine « a pour objet d’encourager la constitution d’une épargne longue en actions afin de renforcer, à moyen et long terme, la souveraineté économique de la France». Un sujet d’autant plus sensible que les nouvelles règles prudentielles Solvabilité 2 conduisent les assureurs à diminuer leur exposition en actions, plus consommatrices de fonds propres. Les experts d’Avenir Finance ont estimé hier, lors d’une conférence de presse à Paris, que la poche actions dans le portefeuille des assureurs devrait tomber entre 3% et 5% à l’issue de la réforme, contre 12,5% en moyenne aujourd’hui.
Dans le même temps, échaudés par deux krachs boursiers en dix ans, les Français concentrent plus de 87% de leur collecte sur les fonds en euros, délaissant les unités de compte (UC) et le risque actions. Reste à voir si un taux réduit suffira à lui seul à les faire revenir sur les UC.
La commission des Finances a adopté hier d’autres amendements touchant à l’épargne des Français. L’un propose de fiscaliser les intérêts tirés des placements sur livrets d’épargne réglementée (dont le Livret A) lorsque le cumul de ces intérêts excède le plafond des livrets concernés. Un autre amendement supprime le compte épargne co-développement et le livret d’épargne co-développement, qui permettaient de financer, avec réduction d’impôt à la clé, des projets dans les pays en développement. Motif invoqué: la très faible diffusion de ces deux produits.
Plus d'articles du même thème
-
Les dépréciations de goodwill du CAC 40 restent rares
En 2025, les entreprises de l’indice ont seulement enregistré 1,3 milliard d’euros de dépréciations, un niveau qui reste très bas. Le montant de goodwill poursuit sa légère décrue à 440 milliards d’euros. -
Continental parachève son recentrage sur les pneumatiques
L’équipementier automobile allemand a signé un accord avec Lone Star en vue de lui céder sa filiale ContiTech pour un montant plancher de 4 milliards d’euros. -
EasyJet accepte de se faire racheter par Castlelake
La compagnie avait rejeté l’offre du fonds d’investissement à quatre reprises. La dernière proposition, à 5,5 milliards de livres, a finalement été acceptée.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les actions coréennes approchent du bear market
Contenu de nos partenaires
-
Je t'aime, moi non plusProcès Le Pen : Entre juges et politiques, un divorce déjà consommé
Les magistrats de la Cour d’appel de Paris sont sous forte pression tant leur décision changera le cours de l’élection présidentielle. Fragilisée par le scandale Lyhanna, la justice risque d'être sous le feu des critiques jusqu'en 2027 -
L'envie d'avoir envie« Le combat d’un père » : Edouard Philippe se lâche et se lance
Le candidat Horizons à la présidentielle promet des « efforts partagés » pour préparer « la France de nos enfants » -
EditoLe pied-de-nez de l’Iran à l’Amérique
Embourbé dans un conflit dont il ne voit pas l’issue, Donald Trump est là où il ne voulait pas être. Tout l’inverse de l'Iran, qui est là où l’Amérique, ne voulait pas qu’elle soit : conforté dans un rôle d’acteur régional incontournable