Le secteur mutualiste souhaite cultiver sa singularité sur la dépendance
Le Groupement des entreprises mutuelles d’assurance (Gema) reste prudent dans un environnement réglementaire et concurrentiel tendu. Le groupe mutualiste regroupant notamment la MAAF, MAIF, Macif, BPCE et Natixis Assurances, a annoncé hier une hausse du nombre de sociétaires en 2010 de 2% à 20,7 millions. Le chiffre d’affaires global a augmenté de 4% à 12 milliards d’euros, contre une progression de 1,5% pour l’ensemble du secteur de l’assurance dommages. Dans l’assurance vie, le chiffre d’affaires a même progressé de 10,5% à 10,4 milliards, alors que les fonds sous gestion ont crû de 8,7%, à 85,7 milliards, en fin d’année dernière.
Néanmoins, sans divulguer ses résultats, le secrétaire général du Gema, Jean-Luc de Boissieu, a estimé que les différences entre sociétés seraient «très marquées». De plus, le Gema craint que les pressions inflationnistes poussent les taux d’intérêt à la hausse et pénalisent ainsi l’assurance vie dont les rendements seront relativement moins avantageux que ceux d’autres produits. Et de s’inquiéter de l’influence de l’environnement fiscal volatil en alertant sur le fait que «l’exercice 2010 a quand même été plombé par la fiscalisation surprise de la réserve de capitalisation qui va peser lourdement sur les résultats 2010 vie et non-vie».
Dans ce contexte, pour faire entendre la voix du secteur mutualiste, le Gema devra s’entendre avec ses consœurs privées de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA) pour faire pression sur le gouvernement. Concernant les hausses de tarifs, le Gema les estime justifiées invoquant le caractère devenu structurel des sinistres et la cyclicité des prix. Sur les investissements en actions, le Gema s’oppose au gouvernement en estimant que les sociétaires conservent la main sur la manière dont leur épargne est investie, et que les contraintes imposées par Solvabilité 2 découragent les compagnies à proposer ce type d’investissements.
Enfin, dernier sujet important, la dépendance. La tâche s’annonce difficile compte tenu de la différence de point de vue avec la FFSA. Le Gema continue de plaider pour l’inclusion d’une garantie dépendance dans les contrats d’assurance complémentaire santé: une cotisation spécifique de 10 à 20 euros mensuels assurerait ainsi une rente mensuelle de 500 euros en cas de dépendance. La FFSA plaide pour un système universel, d’où une discorde sur le caractère obligatoire de l’assurance dépendance.
Plus d'articles du même thème
-
L’Allemagne sort son plan pour relancer la croissance
Le chancelier allemand Friedrich Merz a présenté jeudi un ensemble de réformes des retraites, de la fiscalité et du travail. -
Les investisseurs doutent de l’industrie de défense
Dans un contexte boursier peu favorable aux fabricants d’armes depuis six mois, le groupe franco-allemand KNDS a reporté son projet de cotation à Paris et Francfort. Plusieurs catalyseurs pourraient toutefois ramener les investisseurs sur un secteur qui affiche d’excellentes perspectives. -
Meanings Infra entre au capital de l'opérateur de data centers suédois Airon
Fondée en 2019, l'entreprise s'appuie sur l'important parc de renouvelables du pays pour proposer à ses clients une capacité de calcul décarbonée.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Contenu de nos partenaires
-
Partage« Un acte législatif grave » : le Sénat inquiète les élus locaux en changeant la gouvernance de l'eau
Le Sénat a rebattu les cartes du partage de l'eau en donnant davantage de poids au monde agricole et en facilitant les dérogations aux documents locaux de planification, au risque d'alimenter les tensions entre usagers -
Villégiature en France: dix nouveaux hôtels où dormir les pieds dans l’eau
A chaque été, son lot d’ouvertures. Cette saison ne faillit pas à la règle, et va même au delà. Du littoral atlantique aux rives de la Méditerranée, nous avons recensé pas moins d’une dizaine de nouvelles adresses situées à fleur d’eau ou, lorsqu’elles s’en éloignent un peu, disposent d’une vue imprenable sur la mer. Singulières, exclusives et pour la plupart ultra déco, toutes réinventent avec audace les codes balnéaires et jouent à 100% la carte de la convivialité. -
OrdonnanceSanté : l’Assurance maladie vise 4 milliards d’euros d’économies pour 2027
La Cnam préconise le même effort que l'an dernier. Mais le débat parlementaire avait annihilé ses ambitions