Le secteur mutualiste souhaite cultiver sa singularité sur la dépendance

Le Gema, qui a publié une hausse de 10,5 % de son chiffre d’affaires en 2010, s’oppose à la FFSA sur le caractère obligatoire de l’assurance dépendance
Patrick Aussannaire

Le Groupement des entreprises mutuelles d’assurance (Gema) reste prudent dans un environnement réglementaire et concurrentiel tendu. Le groupe mutualiste regroupant notamment la MAAF, MAIF, Macif, BPCE et Natixis Assurances, a annoncé hier une hausse du nombre de sociétaires en 2010 de 2% à 20,7 millions. Le chiffre d’affaires global a augmenté de 4% à 12 milliards d’euros, contre une progression de 1,5% pour l’ensemble du secteur de l’assurance dommages. Dans l’assurance vie, le chiffre d’affaires a même progressé de 10,5% à 10,4 milliards, alors que les fonds sous gestion ont crû de 8,7%, à 85,7 milliards, en fin d’année dernière.

Néanmoins, sans divulguer ses résultats, le secrétaire général du Gema, Jean-Luc de Boissieu, a estimé que les différences entre sociétés seraient «très marquées». De plus, le Gema craint que les pressions inflationnistes poussent les taux d’intérêt à la hausse et pénalisent ainsi l’assurance vie dont les rendements seront relativement moins avantageux que ceux d’autres produits. Et de s’inquiéter de l’influence de l’environnement fiscal volatil en alertant sur le fait que «l’exercice 2010 a quand même été plombé par la fiscalisation surprise de la réserve de capitalisation qui va peser lourdement sur les résultats 2010 vie et non-vie».

Dans ce contexte, pour faire entendre la voix du secteur mutualiste, le Gema devra s’entendre avec ses consœurs privées de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA) pour faire pression sur le gouvernement. Concernant les hausses de tarifs, le Gema les estime justifiées invoquant le caractère devenu structurel des sinistres et la cyclicité des prix. Sur les investissements en actions, le Gema s’oppose au gouvernement en estimant que les sociétaires conservent la main sur la manière dont leur épargne est investie, et que les contraintes imposées par Solvabilité 2 découragent les compagnies à proposer ce type d’investissements.

Enfin, dernier sujet important, la dépendance. La tâche s’annonce difficile compte tenu de la différence de point de vue avec la FFSA. Le Gema continue de plaider pour l’inclusion d’une garantie dépendance dans les contrats d’assurance complémentaire santé: une cotisation spécifique de 10 à 20 euros mensuels assurerait ainsi une rente mensuelle de 500 euros en cas de dépendance. La FFSA plaide pour un système universel, d’où une discorde sur le caractère obligatoire de l’assurance dépendance.

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